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Restauration d’une maison

de pièces sur pièces d’esprit français :

du rêve à la réalité!

partie 1

 

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Après 4 ans de travaux Haut : Mur pignon nord, au début des travaux, sans le recouvrement de vinyle; novembre 2011. Bas : Mur pignon sud et façade est, en cours de restauration : recouvrement de planches verticales, toit de bardeaux, porte à venir; novembre 2015.

J’étais loin de m’imaginer que je posséderais un jour une maison de pièces sur pièces à queues d’aronde! Pour partager cette fabuleuse expérience, je vous présente ce premier article d’une série de trois portant premièrement sur la découverte de cette maison, suivie de sa restauration/reconstruction et finalement sa finition intérieure et extérieure.

Je fais donc l’acquisition à l’été 2011 d’une vieille maison dans un milieu rural à Saint-Jacques-le-Mineur, avec un intérêt « rationnel » principalement pour la valeur du terrain, à proximité de Montréal et de St-Jean-sur-Richelieu. Malgré les évaluations pessimistes d’experts quant à la maison, je nourris l’espoir de pouvoir la restaurer. Déjà des caractéristiques externes éveillent mon attention et font référence à la maison d’esprit français comme le très faible exhaussement, les proportions de la maison, les petites ouvertures asymétriques, l’absence de lucarne, le toit pentu à deux versants droits et sans avant-toit, les rives des versants débordant peu des pignons.

Une consultation avec l’artisan Michel Bérubé dont les services seront retenus pour l’ensemble des travaux de restauration et de finition, confirme mes doutes: les travaux de curetage mettent à jour une charpente élaborée d’esprit français, d’une pente de 52 degrés, à chevrons, avec faîtière et sous-faîtière, ayant au centre une aiguille (ou poinçon) se prolongeant à la base jusqu’à un casse-jambe, le tout assemblé à tenon et mortaise.

Un printemps hâtif. Photo : Claire Larivière

Charpente élaborée à chevrons, d’esprit français.

De larges et épais madriers de pin rabotés à la main font office de plancher au grenier et de plafond du rez-de-chaussée et sont disposés sur des poutres en pin moulurées par un talon. Rien n’est peinturé,  les matériaux d’origine sont choisis et de qualité. Les vestiges de deux cheminées seront découverts plus tard à même la fondation de pierres ainsi que leurs anciennes ouvertures dans le toit, disposées en chicane. Le plus imposant des âtres prend place dans la salle commune et est utilisé pour cuisiner (les plafonds étant très noircis) et chauffer tandis que celui de plus modeste dimension sert de chauffage uniquement pour la chambre. La maison comprend donc deux pièces.

Quel âge a cette maison?

Quoique la présence de colons dans la région se situe aux alentours de 1750, je n’ai pas encore de preuve de la présence de la maison à cette époque. Les évidences constatées lors de la restauration et l’examen des titres de propriété situent plutôt cette maison approximativement à la fin du 18e siècle; elle est par ailleurs d’esprit français. Augustin Caron, époux de Marie Jourdenais, mentionne qu’il a obtenu cette maison en héritage de son père Charles décédé à 80 ans en 1842. Des recherches généalogiques de filiation effectuées par Stéphane Tremblay GFA à la société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine, nous révèlent qu’il était un laboureur venu de Montmagny et descendant de Robert Caron, embarqué à Dieppe en 1635 avec la compagnie des Cent-Associés. Aussi, le numéro de cadastre a permis de situer la maison sur les terres de la seigneurie de La Prairie, à Saint-Jacques-le-Mineur. Antérieurement à 1840, ce terrain faisait partie de Sainte-Marguerite-de-Blairfindie, (L’Acadie).

Les maisons de bois du régime français sont faiblement représentées dans les ouvrages de référence et peu d’exemples subsistent encore de nos jours. J’espère que le récit de la restauration de cette humble maison de bois servira à mieux documenter ce type d’habitation.

A bientôt pour la suite!

Marjolaine Mailhot, propriétaire, Saint-Jacques-le-Mineur et Michel Bérubé, artisan-restaurateur, Lacolle

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