Préambule
Née il y a vingt ans du besoin de se regrouper
ressenti par des personnes désireuses de partager leur expertise
et leur expérience concernant les bâtiments anciens,
l'association des Amis et propriétaires de maisons anciennes
du Québec (APMAQ) est un organisme à but non lucratif
engagé dans la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine
bâti.
L'APMAQ regroupe un millier de membres répartis
dans l'ensemble des régions du Québec. C'est au nom
de ces personnes qu'elle croit important de faire valoir son point
de vue sur un projet de politique du patrimoine culturel. Elle considère
en effet qu'elle se doit, chaque fois que cela s'avère possible
et opportun, de faire connaître les besoins, les attentes des
amis et propriétaires de maisons anciennes qui s'appliquent
eux-mêmes
à conserver et à restaurer le patrimoine bâti et à
intervenir dans leur milieu respectif pour sa conservation et sa
mise en valeur.
En
annonçant la mise sur pied du groupe-conseil chargé de
lui proposer, d'ici l'automne 2000, un projet de politique du patrimoine
culturel, Madame la ministre Maltais a parlé de la mise
à jour de la Loi sur les biens culturels. À notre avis, le problème
n’est pas tant dans la loi que dans les carences de son application.
Sans exclure l’éventualité d’un toilettage des lois,
il faudrait, cependant, mettre l’accent sur le respect rigoureux
des lois existantes.
Ce n’est pas sans quelques appréhensions
que nous nous présentons devant vous. Votre mission vous a été
confiée par le gouvernement du Québec, celui-là même
qui, il y a plus de dix ans, a aboli la Direction générale
du patrimoine et qui, depuis lors, s’est montré peu
porté
à agir de façon vigoureuse et soutenue en faveur de la défense
du patrimoine bâti. Vous nous recevez à huis clos. Cela aussi
nous inquiète. De quoi ou de qui a-t-on peur ? Des médias ? De
l’opinion publique ? C’est pourtant celle-ci qui, au bout du compte,
fera bouger les pouvoirs publics. Le huis clos qui a
été privilégié nous paraît refléter
un
élitisme de mauvais aloi. Certaines élites, politiques et
économiques, se rangent parfois, on le sait, parmi les adversaires du
patrimoine, parmi les démolisseurs de bâtiments anciens.
C'est toutefois en espérant que notre contribution
pourra être utile à l'élaboration du projet de
politique du patrimoine, qui vous a été confié,
que nous avons cru opportun de vous faire part de nos réflexions
et de nos recommandations.
Dans le présent mémoire, les besoins
et attentes des membres de l'APMAQ ont été regroupées
autour de six thèmes qui permettent de tenir compte de différentes
situations vécues par des citoyennes et citoyens soucieux
de protéger des biens de valeur patrimoniale. Il sera donc
question, dans les pages qui suivent, du cadre législatif
dans lequel doit s'inscrire une politique du patrimoine culturel,
du partage des responsabilités entre différentes instances,
du soutien à apporter aux propriétaires de maisons
anciennes et aux organismes à vocation patrimoniale, de reconnaissance
professionnelle et de formation de la main-d'oeuvre, de mécanismes
de consultation et d'un besoin de sensibilisation du public et d'éducation
des jeunes aux valeurs identitaires du patrimoine.
Pour télécharger le mémoire, cliquer
ici (Adobe Acrobat Reader est requis)
|