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1700 La Poste, une nouvelle vie pour un ancien bureau de poste

Façade de 1700 La Poste, 2014. Crédit : André Cornellier.

Façade de 1700 La Poste, 2014. Crédit : André Cornellier.

1700 La Poste, une nouvelle vie pour un ancien bureau de poste

Le 1700 Ouest de la rue Notre Dame est une succursale postale de petite taille dont l’architecture ne manque pas pour autant de monumentalité. Elle s’impose dans son environnement urbain, notamment par ses larges proportions et par son portique à colonnes, typique d’une institution d’envergure. Construit selon le dessin de l’architecte David Jerome Spence en 1913, l’immeuble est un exemple maîtrisé du renouveau classique Beaux-Arts proprement nord-américain lancé au début du vingtième siècle. Sa figure architecturale, comme sa composition tripartite, réfère au temple
antique avec l’expression rythmée de colonnes et pilastres enchâssés, supportant entablement et fronton. À la fois sobre et imposante, la modénature des façades de maçonnerie de l’édifice s’articule autour d’un simple jeu d’angles et de surfaces. Sans ornementation particulière, la mouluration y est limitée aux colonnes d’ordre ionique et à l’entablement.

Description architecturale

De plan trapézoïdal, l’immeuble adopte à la fois qui répond à l’angulation du chemin principal ancien. Il présente deux façades sur rue. Son volume, haut de trois étages, est à toit plat. La façade principale, plus courte, est en pierre calcaire taillée, pierre dite de Montréal. Elle est percée d’un porche profond ponctué de trois baies. Accessible par un léger emmarchement, celui-ci mène à l’entrée de l’immeuble. La façade latérale est assise sur un soubassement accentué par la pente douce qu’accuse la rue Richmond. Son apparence soignée révèle un emploi mixte de pierres et de briques pressées, couleur chamois. Tandis que le bas des murs est percé de meurtrières, de larges et hautes baies de fenêtre, à l’époque protégées par de la ferronnerie, éclairent les différentes
pièces : bureaux, salle de tri et logement du maître de poste. Le volume du hall public, attenant à la façade, compte quant à lui, une partie surélevée formant une mezzanine.

Fermeture du bureau de poste

La date précise de fermeture du bureau de poste de la rue Notre-Dame est inconnue. En février 1984, trois artistes, Lyne Lapointe, Martha Flemming et Monique Jean, dites Les petites filles aux allumettes, ont investi l’édifice abandonné de l’ancienne succursale postale. Fidèles à leurs engagements antérieurs, celles-ci exposent un nouvel aménagement spatial et architectural tels ceux pratiqués par elles dans des édifices désaffectés (Caserne 14 et Théâtre Corona). L’intervention des Petites filles aux allumettes a donc eu pour effet de sensibiliser le public à la qualité d’immeubles anciens entraînant leur recyclage à moyen terme.

Restauration de l’immeuble

Jusqu’à son acquisition récente, l’ancienne succursale postale F était occupée par un commerce d’antiquités. Sur la rue Notre-Dame, logeaient brocanteurs et antiquaires qui sont en partie disparus. Avec le 1700 Notre-Dame, la Poste est redevenue une destination recherchée. L’immeuble connaît actuellement quelques transformations, notamment l’ajout d’un plancher en mezzanine scinde une partie du volume du hall postal, mais celui-ci conserve son authenticité. Construit il y a cent un ans, l’édifice requiert une mise aux normes et à niveau, essentielle à son recyclage. L’enveloppe comme sa structure sont saines mais les différents systèmes qu’il comporte sont désuets. La nouvelle propriétaire, Isabelle de Mévius, a réussi à transformer l’espace de La Poste en un lieu de transmission culturelle. L’immeuble d’exception doit devenir un lieu de réflexion discursive sur l’art. Elle confie, en 2009, la direction de son projet à l’architecte Luc Laporte à qui La Poste rend hommage aujourd’hui dans une exposition.

La conception de La Poste, tout comme sa réalisation en chantier, est très avancée lors du décès de Luc Laporte en 2012. Son parachèvement sera assuré par ses derniers collaborateurs; Louise Koo, Martin Bégin et Martin Vincent, à qui l’architecte a confié l’atelier d’architecture du 264, square Saint-Louis. La transformation de l’immeuble qui abrite aujourd’hui le 1700 La Poste est un exemple remarquable de conservation et de réappropriation des espaces de qualité de la ville. Il constitue un témoin de l’histoire de la Petite-Bourgogne autour duquel peuvent dorénavant se greffer de nouveaux éléments, porteurs de l’avenir du quartier. Le 1700 La Poste appartient au patrimoine bâti de Montréal et le nom de l’architecte Luc Laporte y est désormais associé.

Article rédigé par le 1700 La Poste Source : Luce Lafontaine, 1700 La Poste, Les Éditions de Mévius, 2013

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