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Cri de coeur

Une maison, c’est comme un humain: quelquefois solide, quelquefois plus fragile, vulnérable, quelquefois debout à un âge vénérable. Certaines sont « en péril »; elles ont besoin d’amour et de soins, d’autant plus qu’avec le temps, on les remarque de moins en moins. On passe dans un coin familier sans vraiment les voir; un jour, une maison plus que centenaire disparaît et c’est là que l’on se dit: « Qu’est-ce qui a changé » ? Il me semble que… non, ce n’est pas vrai ! Elle n’y est plus ! J’aurais donc dû…

Et il y en a tellement ! Impossible de toutes les nommer, nous risquerions de froisser les gens qui les ont défendues avec vigueur. Chaque hameau, village ou petite ville en a une ou plusieurs sur sa liste.

Pourquoi ces démolitions ?

Par manque de vision de la part des propriétaires : «Oh, je veux du neuf, j’aime le terrain, le lieu…ce sera plus beau…moins cher et moins éreintant que de restaurer ! »

Par manque de connaissances : « Qu’est-ce que je peux faire pour rendre la maison habitable, je ne sais pas à qui m’adresser, y a-t-il des artisans qui font cela ? Est-ce que ce sera quand même habitable et fonctionnel » ?

Par manque de passion et de sensibilité collective : « J’aime la maison, mais il y en a des semblables, alors laissons aux autres propriétaires le soin de restaurer les leurs…ou « Moi, je reconstruis et je revends, un coup d’argent, ce serait bien ». Et mille autres raisons…

Vous voyez bien que les maisons sont comme les humains ! Et avec les humains, si on a un peu de chance, on finit toujours par espérer que tout n’est pas perdu…

Par Francine Chassé, membre du Comité de sauvegarde de l’APMAQ

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