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La maison Couët, sauvée de la démolition!

Photo d’archives de la Maison Couët: Fonds Yvonne Couët.

Photo d’archives de la Maison Couët: Fonds Yvonne Couët.

Michel Tardif, président de la Société historique de Bellechasse

L’histoire de la maison Couët débute en 1756. Le 11 octobre, Germain Beaudoin achète la terre sur laquelle, en 1769, son fils Germain construira la maison Couët. Elle aura appartenu à quatre générations de Beaudoin de 1769 à 1828, puis à quatre générations de Couët, de 1828 à 1992. Suite au déménagement de Dame Yvonne Couët, la maison Couët se retrouva inhabitée pendant 12 années, soit de 1984 à 1995 avant d’être rachetée par les Tardif et sauvée de la démolition.

« La moisissure infectait l’air et les murs. Les poutres étaient couvertes de champignons. Le revêtement des murs, défoncé et complètement moisi. […] c’était pour moi, la plus belle maison du monde. »

Six mois de travaux furent requis avant de pouvoir l’habiter. La tuyauterie était cassée, l’électricité entièrement à refaire. La moisissure infectait l’air et les murs. Les poutres du plafond de la cave étaient couvertes de champignons. Le revêtement des murs de la cuisine défoncé et complètement moisi. L’eau s’infiltrait dans le mur du côté est et les tablettes des fenêtres de l’étage étaient pourries. En fait, pour moi, c’était la plus belle maison du monde.

Une désinfection complète fut effectuée ainsi que l’installation de vérins afin de consolider les assises; suivirent l’application d’un vernis spécial sur les pierres de fondation, la réfection complète de la plomberie et de l’électricité et la réalisation d’un plancher de béton à la cave. L’arrachage des tapis et prélarts dans les diverses pièces permit de découvrir des trésors, entre autres, des journaux servant à « shimmer »1, dont Le Devoir du 17 avril 1912 relatant le naufrage du Titanic avec la liste complète des disparus.

À l’étage, les revêtements de sol furent arrachés et les murs repeints. L’ensemble des cadrages de fenêtres moisis, refaits, tous en bois, selon les méthodes traditionnelles et avec des clous carrés. En 1998, on procède à la finition de l’avant-toit du côté nord, de trois pieds qu’il était pour le porter à quatre pieds, permettant ainsi de couvrir toute la largeur de la galerie. En 2000, la toiture en bardeaux de cèdre fut refaite en bardeaux d’aluminium. À l’automne 2001, on ajouta un étage au-dessus de la cuisine d’été. À l’hiver 2002, on isola l’ancienne cuisine d’été et on procéda à sa finition. Ces rénovations portaient les dimensions de la maison Couët à soixante-douze pieds de longueur sur vingt-huit pieds de largueur. Et que dire de l’acquisition des antiquités…

Rien n’est jamais fini, mais on se rapproche toujours du rêve.

1 Shimmer : Caler, cointer, mettre de niveau. – Dictionnaire Bélisle de la langue française au Canada, 1958.

La maison Couët aujourd’hui. Photo : Luc Charron.

La maison Couët aujourd’hui. Photo : Luc Charron.

 


Article tiré de La Lucarne hiver 2016-2017 (Vol XXXVIII, numéro 1).

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