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Nouvelle vie pour une villa

La maison d’Ailleboust-de Manthet en 1926. Photo gracieuseté d’Alice Khieu.

La maison d’Ailleboust-de Manthet en 1926. Photo gracieuseté d’Alice Khieu.

 

Francine Chassé, membre du Comité de sauvegarde de l’APMAQ

Les prémisses

C’est une grande résidence de pierre de taille, en plein cœur du noyau villageois de Sainte-Geneviève, non loin de l’église, située boulevard Gouin ouest, à Montréal. Elle a été construite en 1845 par Narcisse Prévost, maître maçon, pour John Lewis Forbes, médecin, et sa femme, Esther Testard de Montigny.

La maison d’Ailleboust-de Manthet en 2011. Photo : Hera Bell, gracieuseté d’Alice Khieu.

La maison d’Ailleboust-de Manthet en 2011. Photo : Hera Bell, gracieuseté d’Alice Khieu.

À l’origine, le volume imposant comportait en façade un escalier qui menait à une large galerie où s’ouvraient trois portes-fenêtres. Le toit était à croupes. Des arbres entouraient la résidence qui avait toutes les caractéristiques d’une villa. À cette époque, la petite rue de la Caserne qui passe maintenant derrière n’était pas encore défrichée.

L’enchaînement

John Lewis Forbes s’est impliqué dans la vie du village. Le couple Forbes–Testard-de Montigny n’aura pas d’enfant et transmettra la maison à une nièce, Marie-Sophie d’Ailleboust-de Manthet. Deux autres descendantes de cette famille ont possédé et habité la maison jusqu’en 1932.

À cette époque, un autre médecin, Daniel Ladouceur, l’achète. Il transformera la résidence telle qu’elle apparaîtra en 2011 quand Alice Khieu, chirurgienne dentaire, en fera l’acquisition. Le toit à croupes est remplacé par un toit en terrasse à quatre versants. Il y a transformation majeure de la façade: disparition de l’escalier et de la grande galerie, déplacement de l’entrée principale au rez-de-chaussée, où un portique surmonté d’un balcon est ajouté. On y construit aussi deux ailes en pierre, côtés est et ouest, ce qui change considérablement l’aspect d’ensemble de la villa.

Entre 1940 et 2006, la maison sera vendue et revendue à plusieurs particuliers. Un événement important de son histoire est son classement, en 1975, à titre de monument historique par le gouvernement québécois. Cette valeur patrimoniale a d’ailleurs été renouvelée par l’arrondissement de L’Île-Bizard-Sainte-Geneviève suite à la nouvelle loi sur le patrimoine culturel de 2012 donnant aux municipalités ce pouvoir.

Photos et montage : Hera Bell, gracieuseté d’Alice Khieu.

Photos et montage : Hera Bell, gracieuseté d’Alice Khieu.

L’appel

Madame Khieu voyait tous les jours cette maison en se rendant au travail. La villa « avait besoin d’amour ». Au fil du temps, s’est imposée l’idée de l’acquérir, de la chérir, de la restaurer et pouvoir y faire un lieu de travail et aussi de vie.

Comme il s’agit d’une maison classée, le ministère de la Culture et des Communications ainsi que le Conseil du patrimoine de Montréal ont exigé que plusieurs des éléments patrimoniaux de la résidence soient restaurés et préservés, ce qui était bien dans les intentions de la nouvelle propriétaire. En 2014 débutent les travaux. On apporte un soin particulier – et du temps – à trouver des artisans compétents afin de refaire l’accès extérieur, l’ornementation intérieure, l’escalier monumental, les fenêtres de bois à l’identique, la toiture de tôle, etc. Enfin terminée en 2015 (étages supérieurs d’habitation) et 2016 (clinique dentaire), la restauration redonne un véritable lustre à la villa. De plus, l’heureuse propriétaire est très active dans son milieu de vie en créant des événements pour faire connaître la maison aux citoyens du secteur.


Article tiré de La Lucarne hiver 2016-2017 (Vol XXXVIII, numéro 1).

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