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Warwick, 29 mai 2016

Un patrimoine remarquable

Warwick_Nouvelle_UnionEn réponse à une invitation de la Société d’histoire de Warwick , les Amis et propriétaires de maisons anciennes du Québec ont visité un échantillon du patrimoine bâti exceptionnel de la petite ville de Warwick située dans la région des Bois-Francs au Centre-du-Québec, le 29 mai 2016.

L’histoire de Warwick est relativement jeune puisque le peuplement du Canton de Warwick n’a véritablement commencé qu’au milieu du XIXe siècle. Au même moment où les premiers pionniers commençaient à défricher les riches terres situées au pied des Appalaches, un important moulin à scie se développait et avec lui des industries manufacturières qui devinrent rapidement prospères. Les grandes familles terriennes et industrielles ont légué un patrimoine remarquable que les Amis et propriétaires de maisons anciennes du Québec ont eu grand plaisir à découvrir.

Photo: www.lanouvelle.net.


La maison de ferme Pépin 

Maison Paul Pépin_4984x_Chantal Beauregard

Laurent Pépin, menuisier à Québec, est arrivé à Warwick en 1856. Vers 1875, il construisit cette spacieuse maison. Il fit lui-même les portes, fenêtres et persiennes ainsi que tous les meubles, dignes du travail minutieux d’un véritable ébéniste. Sa table de cuisine de plus de 11 pieds de long est encore dans la maison. Son épouse, Marie Bécotte, installa sur la ferme un moulin à bardeaux à vapeur qui opéra pendant plus de trente ans. La maison passa ensuite successivement à leur fils Alfred, leur petit-fils Gérard et quatre de ses sœurs («les vielles filles Pépin» qui en furent les gardiennes attentives) et enfin leur arrière-petit-fils Paul. Tout ce temps, l’intérieur est demeuré tel qu’à son origine.

Photo: Chantal Beauregard.

Texte d’après celui de la Société d’histoire de Warwick (avec nos remerciements à André Moreau).

Maison Paul Pépin_4983x_Chantal Beauregard

Au fil des années, cette maison de ferme connut beaucoup de transformations à l’extérieur, mais l’intérieur a conservé dans l’ensemble une apparence proche de ses origines.

Quand la route 116 fut élargie, cette maison de ferme se trouva très proche du chemin. Les propriétaires actuels déplacèrent la maison en 2004 pour l’en éloigner.

On notera que l’étage principal n’est pas au rez-de-chaussée.

Photo: Chantal Beauregard.

La maison de ferme Kirouac 

Maison Claude Pépin_SHW_x

Cette résidence de style néoclassique québécois fut construite en 1850 par John McDougall, marchand de Trois-Rivières. Solidement construite au tout début des années 1850, elle est montée en pièces sur pièces équarries à la hache. Son carré est de 36 pieds par 30 pieds. La brique, les persiennes de bois, les fenêtres françaises ont l’âge de la maison ainsi que le solage de pierres dont l’épaisseur est de 39 pouces. Le toit est recouvert de bardeaux de cèdre tel qu’à l’origine.

De 1858 à 1933, cinq générations de Kirouac ont habité cette maison. Louis-Grégoire Kirouac y a vécu de 1858 à 1890 : il est l’ancêtre du frère Marie-Victorin, né Conrad Kirouac. Sur cette photo datant de 1898, au centre de la porte, on voit l’agriculteur Louis Kirouac. Avec quelques membres de sa famille, il accueille de la parenté de Québec.

Les divisions de l’étage sont demeurées inchangées avec la rampe d’escalier. Les plafonds de bois sont à caissons.

Texte et photo : Société d’histoire de Warwick.

Maison Claude Pépin 4989x_Chantal Beauregard

La maison de ferme aujourd’hui. Photo: Chantal Beauregard.

 

Maison Claude Pépin 4994x_Chantal Beauregard

De gauche à droite: Louis Patenaude (président des Amis et propriétaires de maisons anciennes du Québec), Lise Carrier et Claude Pépin (membres du comité organisateur de la visite de l’APMAQ à Warwick). 29 mai 2016. Photo: Chantal Beauregard.

La Maison Désiré-Baril 

Maison Désiré Baril_SHW_x

Hautement assise au centre d’un vaste terrain paysagé, cette imposante propriété rappelle le style colonial des plantations américaines. L’ensemble architectural confère à la résidence un caractère fastueux. Elle fut bâtie en 1915 pour Félix Baril qui la donna à son fils Désiré en cadeau de noces. Tout laisse supposer que les plans de cette habitation viendraient d’un des grands magasins de Montréal comme Eaton (5 000$) C’était pratique courante à l’époque, puisque l’entrepreneur était un dénommé Blais de Montréal tandis qu’Adjutor Lachance de Warwick en était le contremaître-constructeur.

Photo gracieuseté de la Société d’histoire de Warwick.
Texte tiré du «Circuit piétonnier patrimonial et touristique» du Comité culturel de Warwick d’après un texte de la Société d’histoire de Warwick.

Maison Désiré BarilLa maison fut élevée avec des bois de la région spécialement sélectionnés et séchés pour leur assurer une qualité exceptionnelle.

Les matériaux provenaient, comme on disait à l’époque, du clos à bois du père de Berthe Paradis, épouse de Désiré Baril.

Cette vaste demeure a également vu naître M. Marcel Baril, peintre renommé. Son œuvre qui compte plus de 250 toiles est très personnelle, touchante et inclassable.

Photo : Société d’histoire de Warwick.

Texte tiré du «Circuit piétonnier patrimonial et touristique» du Comité culturel de Warwick d’après un texte de la Société d’histoire de Warwick.

La Maison Alphonse-Cyrille Letarte 

Maison Alphonse-Cyrille Letarte_SHW_xSituée au 151, rue Saint-Louis, c’est l’ancienne résidence de l’industriel Alphonse-Cyrille Letarte, dit «Le Boss». Ce style de maison est unique au Canada, monsieur Letarte ayant rapportée ce modèle exclusif des États-Unis, plus précisément de Virginie.

Texte et photo : Société d’histoire de Warwick.

Maison A-C Letarte_6490x_Luc CharronCette demeure a conservé son cachet original avec ses couleurs flamboyantes et ses appliques de bois découpé au pignon et dans les frontons (triangles).

Texte: Société d’histoire de Warwick.
Photo: Luc Charron.

 

La Maison Lucien-Baril 

Maison Lucien Baril_SHW_xDe style néoclassique, cette magnifique propriété fut construite en 1918 par M. Lucien Baril un riche industriel de Warwick. En passant par la véranda vitrée, on accède à la partie arrière de la maison autrefois occupée par les domestiques. Une salle de bal au 3e étage, sous les combles, pouvait recevoir plus de 50 personnes pour un repas.  Après le décès de Monsieur Baril, la maison est vendue à Jules Cournoyer qui l’habitera avec sa famille pendant 22 ans.

Photo gracieuseté de la Société d’histoire de Warwick. Texte tiré du «Circuit piétonnier patrimonial et touristique» du Comité culturel de Warwick d’après un texte de la Société d’histoire de Warwick.

Maison Lucien-Baril_5002x_Chantal Beauregard

En 1986, elle est devenue une résidence privée pour aînés.

L’intérieur du rez-de-chaussée est demeuré tel quel avec plusieurs meubles d’origine surtout dans la salle à manger et les salons.

Aujourd’hui, la résidence est une auberge connue sous le nom d’Auberge la maison victorienne de Warwick.

Photo Chantal Beauregard.
Texte tiré du «Circuit piétonnier patrimonial et touristique» du Comité culturel de Warwick d’après un texte de la Société d’histoire de Warwick.

La Maison Tudor 

Cette belle maison de style néogothique ou style Tudor a été construite en 1938 pour M. Hercule Bergeron. Ce dernier avait épousé Adrienne Letarte, fille du Boss Letarte. C’était leur cadeau de noce de la part de M. Letarte.

Les gens de l’époque étaient décontenancés de voir ce style de maison hors du commun. «Ça ressemble à une église protestante», disaient-ils.

C’est un modèle unique à Warwick. Le thème était les losanges puisque le style Tudor s’en inspire; on a qu’à remarquer les fenêtres avec les arlequins en étain. Les planchers sont faits de bois d’érable avec des motifs différents dans chaque pièce.

Rien n’a été touché, tout est d’origine comme l’ensemble des boiseries et l’escalier. Les moulures des plafonds sont de plâtre et les lustres datent de la construction de la maison.

Maison Letarte_6665x_Luc Charron

Les propriétaires ont le souci de conserver l’intégrité architecturale de cette prestigieuse résidence.

Photo Luc Charron.
Texte tiré du «Circuit piétonnier patrimonial et touristique» du Comité culturel de Warwick d’après un texte de la Société d’histoire de Warwick.

La maison des marchandes de corsets

Vers 1896, M. Joseph O. Vallée, un industriel du village, décide de bâtir sa demeure sur ce lot. Cette maison sera par la suite habitée durant 6 ans par M. Adéodat Normand, gérant de la Manufacture de Hardes de Warwick.

En 1903, cette jolie résidence est vendue au docteur François- Joseph Richer-Laflèche qui est médecin chirurgien au village. Son numéro de téléphone est alors le Bel-507. Le docteur Laflèche et son épouse y demeureront de 1907 à 1928. Pendant cette période, une rallonge est ajoutée au bâtiment existant, coin nord-est, pour y ériger le bureau de poste. Le docteur Laflèche est aussi maître de poste (de 1912 à 1913). Son épouse (Mme Marie-Blanche Pépin de Warwick, fille de M. Honoré Pépin, important marchand du village) lui succède dans cette tâche de décembre 1913 à juillet 1925.

En 1928, le docteur Joseph-Alfred Rochette achète la maison et devient le docteur du village. Il y installe une pharmacie. De 1943 à 1948, le bureau de poste occupe de nouveau ce local sous la responsabilité de Berthe Beaumier.

Par la suite, les sœurs Berthe et Cécile Beaumier y ouvrent une boutique de lingerie féminine et de chapeaux jusqu’en 1974.

Plaisirs partagés_xLe local commercial est ensuite loué à M. Claude Lambert, fleuriste (1974-1977).

Dans ce même local se succéderont une boutique de vêtements, un bureau d’assurance, un antiquaire et quelques autres commerces.

À partir de 2001, la maison est vendue à 3 reprises et devient un gîte touristique, Aux Plaisirs partagés.

Photo: gîte Aux Plaisirs partagés.
Texte tiré du «Circuit piétonnier patrimonial et touristique» du Comité culturel de Warwick d’après un texte de la Société d’histoire de Warwick.

L’ancienne gare de Warwick 

Gare de Warwick_SHW_x

Le réseau ferroviaire entre Lévis et Richmond via Warwick est inauguré le 27 novembre 1854 par le Quebec and Richmond Railway qui, un mois plus tard, fait partie de la compagnie du Grand Trunk Railway of Canada. Celle-ci fusionne le 31 janvier 1923 avec les chemins de fer Nationaux du Canada. Une première gare fut bâtie au moment de la construction du chemin de fer. Malheureusement, elle fut rasée le 14 juillet 1901 lors de la conflagration qui détruisit une partie du village. La gare actuelle fut construite en 1902. C’était une gare dite de première classe, selon les standards de la compagnie du Grand Tronc, mais on oublia l’installation de cabinets d’aisance. Les services offerts par la gare se prolongent jusqu’en 1968. En février 1981, la gare devient la Maison des Jeunes « Gare 12-18 » pour une période de 20 ans. Le 13 octobre 1989, le train passe à Warwick une dernière fois. La ligne est démantelée en 1990.

Photo gracieuseté de la Société d’histoire de Warwick. Texte tiré du «Circuit piétonnier patrimonial et touristique» du Comité culturel de Warwick d’après un texte de la Société d’histoire de Warwick.

Gare de WarwickRestaurée à l’extérieur en 2005, la gare devient La Maison de la culture de Warwick.

En 2006, grâce aux efforts du Comité Culturel et d’une trentaine de bénévoles, l’intérieur de la gare est aménagé dans le plus grand respect de protection de l’immeuble patrimonial.

Depuis ce temps, cet endroit est un rendez-vous culturel exceptionnel pour toute la population locale et environnante.


Texte tiré du «Circuit piétonnier patrimonial et touristique» du Comité culturel de Warwick d’après un texte de la Société d’histoire de Warwick.

L’église Saint-Médard et le presbytère

Église Saint-Médard_csbf

La première chapelle de la paroisse fut construite vers 1848 et était située sur un autre emplacement. Elle fut renversée par un ouragan en 1864. L’actuelle grande église de pierre de style néobaroque fut construite en 1874. La décoration intérieure est remarquable, avec ses colonnes en pilastres corinthiens et son maître-autel qui rappelle les baldaquins baroques. Le chemin de croix est l’œuvre du sculpteur montréalais C. Marotti. L’orgue Casavant date de 1927 et compte 25 jeux, 30 registres, digne des grandes églises du Québec. Dans l’église se trouvent six toiles achetées en 1912 de Joseph Uberti peintre d’origine romaine et ami des architectes Caron. Pour souligner le 125e anniversaire de l’église qui eut lieu en 1999, un grand nombre de bénévoles ont uni leurs efforts pour que soit réinstallé le vieux maître-autel démonté à la fin des années 1960.

Texte tiré du «Circuit piétonnier patrimonial et touristique» du Comité culturel de Warwick d’après un texte de la Société d’histoire de Warwick.

Presbytère de Warwick SHW 147 rue St Louis_x

De style victorien, le presbytère fut bâti en 1890 au coût de 5 478$. Les plans du presbytère sont signés par Louis Caron, architecte qui en fut aussi le constructeur en 1890.

La brique qui a servi à son édification provient de la briqueterie des Desrochers qui fut en opération jusqu’en 1924. Elle était située sur les bords de la rivière Des Pins non loin du pont couvert où il y avait une glaise de grande qualité.

Dans les années 1940, la belle galerie et le solarium furent ajoutés.

Photo Société d’histoire de Warwick.

Texte tiré du «Circuit piétonnier patrimonial et touristique» du Comité culturel de Warwick d’après un texte de la Société d’histoire de Warwick.


Maison Claude Pépin 4993x_Chantal BeauregardLa visite de Warwick

Comité organisateur : Lise Carrier, Claude Pépin, Céline Carrier, André Moreau, membres de la Société d’histoire de Warwick.

Coordination pour l’APMAQ: Monique Lamothe, Susan Desmarais et Michèle Mondoux.

De gauche à droite: Louis Patenaude (président de l’APMAQ),  Claude Pépin et André Moreau (Société d’histoire de Warwick). Photo: Chantal Beauregard.

aussi«La famille Baril et son héritage» par André Moreau (Société d’histoire de Warwick), dans La Lucarne de l’automne 2016.


Rouet Claude Pépin_4987x_Chantal BeauregardLes visites du dimanche de l’APMAQ

Plusieurs visites du dimanches et autres activités sont organisées à l’intention des Amis et propriétaires de maisons anciennes du Québec (APMAQ). Découvrez tous les avantages de devenir membre.

Photo: Chantal Beauregard.


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