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2016 – L’APMAQ honore les défenseurs du patrimoine

Les Amis et propriétaires de maisons anciennes du Québec honorent chaque année des personnes s’étant illustrées dans le domaine de la sauvegarde et de la mise en valeur du patrimoine bâti et de son environnement. L’association félicite chaleureusement Richard Pedneault et Micheline Frenette, lauréats de l’édition 2016 des prix Robert-Lionel-Séguin et Thérèse-Romer respectivement.

Richard Pedneault, lauréat du prix Robert-Lionel-Séguin, sous le regard de Lady Laurier peinte par Suzor-Côté, dans le Musée Laurier de Victoriaville. Crédit photo : Manon Toupin, gracieuseté de www.lanouvelle.net.

Richard Pedneault, lauréat du prix Robert-Lionel-Séguin, sous le regard de Lady Laurier peinte par Suzor-Côté, dans le Musée Laurier de Victoriaville. Crédit photo : Manon Toupin, gracieuseté de www.lanouvelle.net.

Prix Robert-Lionel-Séguin :
Richard Pedneault, un défenseur tenace du patrimoine

Richard Pedneault s’est dédié, sur près de 30 ans, à la valorisation, la sauvegarde et l’utilisation judicieuse du patrimoine bâti. Arrivé à Arthabasca (aujourd’hui un secteur de Victoriaville) en 1988 pour occuper le poste de conservateur du Musée Laurier, monsieur Pedneault a su reconnaître rapidement tout le potentiel de la maison de Laurier et de son environnement hautement patrimonial. Au fil des 28 ans à la tête du Musée, il a quadruplé l’institution en superficie par l’acquisition, la restauration et l’animation de la Maison et la Grange Fleury ainsi que l’Hôtel des Postes.

Monsieur Pedneault a démontré tout au long de sa carrière un engagement indéfectible à la cause du patrimoine en contribuant à la sauvegarde et à la mise en valeur de nombreux bâtiments de son quartier ainsi qu’à la valorisation du rôle que joue le patrimoine et la culture dans le développement socioéconomique d’une collectivité. Il a participé activement à l’élaboration des premières « politique culturelle » et « politique du patrimoine » de Victoriaville. Son action a rayonné bien au-delà de son milieu. Et son travail déterminé a réussi à gagner la reconnaissance de toute sa région malgré un contexte politique parfois difficile et les nombreuses embûches que pose aujourd’hui la préservation du patrimoine en région. Le lauréat a été au cœur d’une diversité d’initiatives culturelles qui illustrent une vision élargie de ce que doit être le patrimoine vivant d’une collectivité.

Micheline Frenette, lauréate du prix Thérèse-Romer. Crédit photo : Chantal Beauregard.

Micheline Frenette, lauréate du prix Thérèse-Romer. Crédit photo : Chantal Beauregard.

Prix Thérèse-Romer :
MICHELINE FRENETTE*

La maison Félix Martin fut un carrefour important au cœur d’un noyau industriel. Cette maison en déclin de bois de style Second Empire fut construite en 1886 par Félix Martin, un maître-menuisier de Mont-Saint-Hilaire.

Dès 1895, la fille aînée, Basilisse Martin, en devient la propriétaire bien que Félix Martin et son épouse continuassent de l’occuper jusqu’à leurs décès respectifs, avec la plupart de leurs enfants célibataires. Félix Martin et ses trois filles, Basilisse, Cordélia et Zéphirine, furent l’âme d’un bureau de poste et d’une centrale téléphonique à même la maison pendant plusieurs années. Au décès de Basilisse en 1939, la maison fut achetée par Lorette Bourbonnière (Cardinal) qui les remplaça comme maîtresse de poste de Saint-Hilaire jusqu’en 1974, date à laquelle elle la vendit à Eric Wilson Waddell, professeur. La résidence passa ensuite en 1980 à deux autres professeurs, soit Guy Lemay et Micheline Frenette.

Comme le souligne la lauréate, l’entrée et l’escalier aménagés dans le mur pignon sud-ouest sont d’origine et servaient d’accès au bureau de poste pour le public. Seuls la grande galerie et l’oriel du côté sud-ouest de la maison auraient été ajoutés par les Martin vers 1900. Une balustrade encadrant la galerie et l’escalier principal a été ajoutée par la suite et apparaît dans les photographies des années 30. Lorsque la maison était occupée par Lorette Bourbonnière, un logement était aménagé à l’étage où habitait son fils Armand Cardinal et sa famille. Un escalier extérieur en fer forgé donnant sur un petit balcon côté nord-est permettait d’accéder au logement. Dans la deuxième moitié des années 70, les Waddell ajoutèrent une véranda suspendue adossée au petit balcon et l’escalier menant au deuxième étage fut retiré quelques années plus tard.

Une approche respectueuse

Devenue propriétaire en 1989, Micheline Frenette a su démontrer une approche à la restauration respectueuse de la richesse historique de son bâtiment. Elle a redonné à sa maison son état d’authenticité tout en conservant les traces significatives de son évolution et les témoins de sa fonction première.

La restauration a été basée sur les évidences physiques, sur l’analyse des iconographies d’époques, notamment de photos datant de 1930. Les rénovations se sont étalées sur plusieurs années et ont touché l’ensemble du bâtiment. Le changement de la toiture et la reconstruction du balcon à l’identique furent les premières étapes. Par la suite, l’intérieur fut entièrement rénové, niveau par niveau en conservant le plus d’éléments d’origine que possible, notamment les planchers, les fenêtres et les boiseries. Certains objets authentiques, soit un cadre et l’ancienne balance postale, rappellent la vocation première de la maison.

Ainsi, cette mansarde à deux eaux, située au cœur de l’ancien quartier de Saint-Hilaire Station, servit de bureau de poste et de centrale téléphonique pendant presque cent ans. Pendant cette période, elle constituait un carrefour de services, d’échanges de nouvelles et de contacts sociaux au cœur du noyau industriel que constituait le quartier de Saint-Hilaire Station. De nos jours, elle demeure l’un des rares témoins de cette époque et, grâce aux travaux qui lui ont été consacrés, le restera pour plusieurs années à venir. – SM

*D’après des notes de Micheline Frenette.


Article tiré de La Lucarne hiver 2016-2017 (Vol XXXVIII, numéro 1).

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