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La peinture à l’huile…

Est-ce bien difficile?

Partie 1

05-Diffusion de trois types de peinture dans un papier Kraft, CCQ

Diffusion de trois types de peinture dans un papier Kraft. Crédit : Centre de conservation du Québec

Lors du congrès annuel de l’APMAQ à Victoriaville en 2012, plusieurs participants ont évoqué les problèmes qu’ils éprouvaient avec la peinture extérieure de leur maison : soulèvements, moisissures et chamboulement du marché causé par le retrait des peintures alkydes. Ce dernier aspect serait-il un mal pour un bien?

Notre équipe, au Centre de conservation du Québec, a entrepris depuis quelques années des recherches sur les peintures à utiliser sur le bois en extérieur. En 2012, nous sommes allés voir ce qui se faisait ailleurs, notamment du côté des pays scandinaves. Résultat? La peinture à l’huile de lin, traditionnellement utilisée tant là-bas qu’ici au Québec, y fait un retour depuis… plus de 30 ans.

Jusque vers les années 1940-50, l’huile de lin a été le liant principal de la peinture en bâtiment, laquelle était colorée par des pigments secs. Toutefois, l’altération de ce produit par des ingrédients d’une qualité douteuse, notamment par l’ajout d’autres types d’huiles aux propriétés inférieures, et le développement des résines synthétiques moins onéreuses ont eu raison de cette peinture.

Et si l’on réapprenait à travailler avec la peinture à l’huile de lin? C’est ce que fait la Norvège, où l’utilisation de produits traditionnels sur les bâtiments classés est dorénavant obligatoire. C’est aussi ce que fait l’établissement public du château de Versailles, qui s’est maintenant tourné vers la Suède pour s’approvisionner en peinture de ce type.

Contrairement aux peintures acryliques et alkydes, la peinture à l’huile de lin est un produit de finition très pénétrant (voir photo) et exempt de solvants. Au séchage, c’est 100% de la matière qu’on applique qui demeure sur le bois, ce qui n’est pas le cas des autres peintures. Appliquée convenablement, elle s’use par érosion au lieu de se soulever, en plus d’offrir une perméabilité adéquate à la vapeur d’eau.

Bien que les échos que nous avons eus sur sa résistance se soient avérés positifs, notre équipe a commencé en 2013 un projet de recherche visant à comparer la peinture à l’huile de lin à plusieurs autres produits de finition disponibles actuellement sur le marché. De petites toitures-tests peintes seront bientôt exposées au soleil et aux intempéries et les résultats viendront, bien évidemment, lorsque la nature aura fait sa part du travail!

Nous continuons à approfondir le sujet. Ainsi, dans le cadre du récent congrès en 2014 de l’Association canadienne pour la conservation et la restauration, nous avons invité M. Jon Braenne, restaurateur de peintures et ex-chercheur principal à l’Institut norvégien de recherche sur le patrimoine culturel (NIKU), à venir témoigner de l’expérience scandinave.

Ses expériences, et plus d’informations sur la peinture à l’huile de lin, vous seront communiquées dans un prochain numéro de La Lucarne. D’ici là, nous vous proposons de visiter le site web de Swede Paint Enterprises (www.solventfreepaint.ca), une entreprise située à Kingston en Ontario. Elle est présentement le seul distributeur connu de peintures à l’huile de lin au Canada.

Par Patrick Quirion et Mireille Brulotte, restaurateurs au Centre de conservation du Québec

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