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Mot du président

Si l’APMAQ, à ce jour, a peu fréquenté les Laurentides touristiques ce n’est pas faute d’en reconnaître les mérites patrimoniaux. On lira donc avec intérêt et plaisir le texte de Michelle Prévost concernant les loggies de Morin Heights. Les lieux décrits rappelleront des souvenirs aux membres qui ont participé à la visite de Montebello l’an dernier. Il s’agit d’un patrimoine plutôt récent puisque la construction des chalets dont il est question remonte aux années 1930. Cependant, qu’il soit ancien ou récent, le bâti patrimonial n’est jamais à l’abri des menaces. Il est intéressant d’apprendre que l’esprit de solidarité qui a animé les promoteurs et les premiers propriétaires de ces chalets s’est, avec les années, transmis à leurs successeurs. Ceux-ci, en effet, assument collectivement la préservation de ce beau patrimoine. Un exemple dont on pourrait s’inspirer!

Ce numéro de La Lucarne présente le deuxième des trois textes de M. Yves Lacourcière qui font suite à son ouvrage intitulé Accusé de non-assistance à patrimoine en danger publié récemment. Après le thème de la transmission professionnelle des métiers traditionnels de la construction (La Lucarne, printemps 2019), l’auteur traite de la recherche d’authenticité qui doit nous guider dans nos interventions sur le bâti traditionnel. Il insiste sur le rôle de l’interprétation du passé qui accompagne souvent ces interventions. Cette interprétation doit beaucoup à l’imagination de l’intervenant et celle-ci est parfois abusive ou trompeuse; la prudence s’impose.

Cette réflexion a pour but de réaffirmer le rôle essentiel des savoirs traditionnels et des artisans qui en sont les porteurs. Elle rejoint notre chronique inaugurée il y a quelque temps qui vise à familiariser les lecteurs avec le parcours professionnel de certains de nos artisans. La problématique des métiers traditionnels se situe au cœur du mandat de l’APMAQ; c’est pourquoi les pages de La Lucarne lui sont ouvertes. Les réactions des lecteurs à ce sujet sont les bienvenues.

Andrée Adam nous fait visiter une maison qui a connu, au cours de son histoire plusieurs fonctions soit résidentielle, religieuse, professionnelle et, finalement, culturelle puisqu’elle abrite aujourd’hui la Maison de la musique de Sorel-Tracy. Ce récit démontre, une fois de plus, que nos maisons anciennes sont éminemment adaptables pour peu qu’on fasse preuve d’imagination. On peut penser cependant que, pour porter fruit, l’imagination a besoin comme tremplin, d’abord et avant tout, d’une volonté ferme de la part des responsables à l’effet de conserver le bâti. Ce n’est que grâce à cet acte de volonté, dès le départ, qu’on pourra, peu à peu et non sans efforts, identifier de nouvelles fonctions et adapter le bâti ancien aux besoins du moment. Prenons le parti de conserver et donnons à l’imagination le temps de se manifester.


Article tiré de La Lucarne – Automne 2019 (Vol XL, numéro 4).

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