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Deux jardins à l’ancienne à Montréal

Cet été, venez flâner à travers des jardins anciens de Montréal
Andrée Adam

Jardin de la maison Saint-Gabriel, Crédit photo : Maude Deblois

Jardin de la maison Saint-Gabriel, Crédit photo : Maude Deblois

Quelle merveilleuse façon de redécouvrir comment nos ancêtres ont su adapter leurs traditions françaises en ce nouveau monde! À Montréal, cet été vous pouvez visiter deux jardins à l’ancienne, celui de la Maison Saint-Gabriel et celui du Château Ramezay.

En arrivant sur le continent, les Européens ont constaté que pour se nourrir, les Amérindiens cultivaient la terre. Il y avait trois grandes familles de produits appelées traditionnellement les trois sœurs : maïs, haricots et courges. Déclinés en une infinité de variétés selon les climats et les traditions, ces aliments étaient consommés frais, conservés sous forme séchée ou réduits en farine.

À Québec, c’est Louis Hébert qui le premier cultive des plantes de France en sol nord-américain. La terre est généreuse et peut nourrir l’homme! Blé, céréales, légumes, laitues, herbes, fruits et fleurs…on produit ici des aliments familiers, la France nous en envoie d’autres pour agrémenter notre table : huile, sucre, épices, noix, fruits séchés… Chaque maison sera accompagnée de son jardin pour nourrir l’habitant et les grandes fermes peuvent offrir en abondance des produits que l’on retrouve au marché public.

À Montréal, en 1731, on dénombre 186 jardins, souvent clos selon la méthode française afin de les protéger des fléaux, du vandalisme, des voleurs et des bêtes sauvages. Dans les potagers, on retrouve selon les écrits de Pierre Boucher en 1664 : navets, betteraves, carottes, panais, salsifis, choux, cardes, oignons, poireaux, chicorée, blé d’inde, citrouilles, melons, sans oublier ail, cive, persil, sarriette, cerfeuil…et autres herbes médicinales ou aromatiques.

Chaque grande maison avait son jardin divisé en verger, potager et espace d’agrément. Jardinier et cuisinier y veillaient jalousement afin de bien nourrir la maisonnée. De la première rhubarbe, pousse d’asperges ou ciboulette jusqu’à la dernière courge, tout était récolté, apprêté, séché, conservé pour les longs hivers.

Il est étonnant de constater jusqu’à quel point nos ancêtres connaissaient les propriétés des diverses plantes et de réaliser qu’ils utilisaient une variété et une richesse de produits que nous avons délaissés au cours des âges.

Jardin du Château Ramezay. Crédit photo :Maude Deblois

Jardin du Château Ramezay. Crédit photo :Maude Deblois

Chez Monsieur de Ramezay, «la plus belle demeure en Canada», le domaine s’étendait sur 4200 m2. Aujourd’hui, sur une superficie de 745 m2 et ouvert au public à l’été 2000, on a recréé un jardin «à la française». Avec des hybrides proches de ceux cultivés à l’époque, verger, potager, jardin de plantes aromatiques ou d’agrément reprennent vie, dans des carrés, bordures ou en espalier…sans oublier le point d’eau.

Jardin du Château Ramezay. Crédit photo :Maude Deblois

Jardin du Château Ramezay. Crédit photo :Maude Deblois

Sur la table des Ramezay on pouvait offrir des poires, ce qui était impossible de faire à Québec, chez monsieur de Vaudreuil gouverneur de la Nouvelle-France. Caprice de la nature devenu rivalité de grands seigneurs!

Dans le cœur du Montréal ancien, deux musées d’histoire ont ajouté une salle d’exposition supplémentaire en plein air. On vous offre gracieusement de les visiter cet été, d’y flâner et de vous laisser inspirer à aménager votre propre jardin à l’ancienne. Au gré des saisons, des récoltes, pourquoi ne pas y retourner à l’occasion, même à l’automne venu, sous les derniers rayons du soleil?

« L’oignon rouge est la plante potagère la plus fréquente; viennent ensuite la citrouille, les carottes, la laitue; les paysans plantent aussi dans leurs jardins des groseilliers rouges; parfois des phaseoli (Phaesolus vulgaris) et une assez bonne quantité de concombres » − Petr Kalm


Article tiré de La Lucarne – Été 2018 (Vol XXXIX, numéro 3).

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