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La Maison Lenoblet-du-Plessis

La maison Lenoblet-du-Plessis
Andrée Adam, comité de La Lucarne

La Maison Lenoblet-du-Plessis de Contrecœur. Crédit photo : Ville de Contrecœur

La Maison Lenoblet-du-Plessis de Contrecœur. Crédit photo : Ville de Contrecœur

En 1978, la municipalité de Contrecœur acquiert de la famille Richard, qui en fut propriétaire et occupante durant soixante ans, une maison et un vaste terrain dans le village. Grâce à un comité de bénévoles, sous la direction de Suzanne Parmentier, après un an de travaux pour la restauration de la maison et le nettoyage du terrain, la maison est ouverte comme centre culturel.

En 1980, Héritage Canada reconnaît la restauration et la mise en valeur de cette maison en lui décernant le « Prix d’honneur » et, en 1983, elle est classée « Immeuble patrimonial » du Québec.

Depuis quarante ans cette année, on fréquente la Maison Lenoblet-du-Plessis nommée en l’honneur des premiers propriétaires retracés, alors que le nom des derniers occupants, la famille Cartier-Richard est rattaché au parc riverain.

L’histoire connue de la construction de cette maison remonte à la fin des années 1790. À l’origine, c’était une maison québécoise typique en bois (44 pieds par 31) ayant une cheminée à chaque bout, coiffée d’un toit à deux versants recouvert de bardeaux de cèdre, avec lucarnes et larmiers. Les hautes fondations, bien visibles au sous-sol, seraient antérieures à la maison actuelle qui aurait été construite à l’emplacement d’un ancien manoir brûlé ou détruit.

C’est donc une grande maison fermière de la fin du XVIIIe siècle qui s’est refait une beauté néo-gothique à la fin XIXe siècle (1886-1916) et que l’on a fignolée depuis. Le lambris de bois qui recouvre la maison peint en blanc a été bien conservé, la couverture en tôle à la canadienne modifiée lors de l’ajout des trois gables aussi. La grande galerie est de 1916 et signée de l’architecte Casimir St-Jean.

La facture intérieure de la maison reflète très bien les époques rustiques et bourgeoises qu’elle a vécues. Les pièces de réception ont une touche victorienne et la finition est plus élaborée qu’ailleurs. Dans l’ancien bureau du notaire Richard trône son imposant coffre-fort fabriqué vers la fin des années 1800. En 1916, Jeanne Cartier, dernière seigneuresse de Contrecœur à avoir perçu des rentes seigneuriales, achète la maison. Pour le confort de la famille Richard, la cuisine a été refaite et une salle de classe ajoutée au-dessus du grand salon. On y retrouve le même lambris de planchettes chanfreinées dites en petit V.

Depuis cent ans, l’aspect est le même! C’est une maison cossue de notable de village posée dans un grand parc boisé descendant jusqu’au fleuve avec une belle vue sur la baie, les petits chenaux et les îles.

Dessin de La Maison par Jean Tétreault et signature d’Alexis-Carme Lenoblet du Plessis. Source : Dépliant de la Maison Lenoblet-du-Plessis.

Dessin de La Maison par Jean Tétreault et signature d’Alexis-Carme Lenoblet du Plessis. Source : Dépliant de la Maison Lenoblet-du-Plessis.

Dès ses origines, la maison est marquée par l’empreinte d’Alexis-Carme Lenoblet du Plessis. Doté d’une forte personnalité, c’est un lettré qui possède une bibliothèque imposante. Il s’intéresse à plusieurs champs d’activités : école, église, justice. « Deputy Post Master » de Contrecœur en 1828, il a aussi été rapporteur officiel de comté de Surrey.

Il arrive vers 1800 et ouvre son cabinet de notaire en 1811. Fait unique, quatre de ses fils seront notaires : Benoît-Carme à Saint-Ours en 1826, Mosé (Moïse) à Sorel en 1831, Norbert en 1836 à Lavaltrie, Lanoraie et Saint-Hyacinthe et Joseph-Octave qui hérite du greffe de son père en 1840.

La résidence du notaire aurait joué un rôle de poste d’arrière-garde pour les Patriotes. Les anciens de Contrecœur ont toujours dit « qu’il y avait des complots dans cette maison. On y voyait souvent des voitures et des chevaux étrangers au moment de la révolution. »

Selon l’historien Azarie Couillard-Després, « Contrecœur était alors un petit bourg où les patriotes pouvaient comploter sans crainte…» à l’écart, entre Montréal et Sorel, non loin de la route du Grand et Petit Maska, près de Saint-Ours, Saint-Denis et Saint-Charles.

On dit que certaines des 92 Résolutions auraient été rédigées dans cette maison par les chefs patriotes et…les jeunes notaires.

Bonnes célébrations aux gens de Contrecœur pour leur 350e anniversaire cette année!


Article tiré de La Lucarne – Printemps 2018 (Vol XXXIX, numéro 2).

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