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Saint-Henri et son square Sir-George-Étienne-Cartier

Les quartiers de Montréal : Saint-Henri et son square Sir-George-Étienne-Cartier
Jean Bélisle, résident du square et Prix Robert-Lionel-Séguin 1998

Fontaine du square Sir-George-Étienne-Cartier. Crédit photo : Maude Deblois

Fontaine du square Sir-George-Étienne-Cartier. Crédit photo : Maude Deblois

Le 30 octobre 1905, la Ville de Saint-Henri cesse d’exister. Elle devient un nouveau quartier de la Ville de Montréal. En guise de cadeau de bienvenue, la Ville de Montréal décide d’offrir à l’ancienne municipalité un nouveau parc. Saint-Henri avait déjà un très joli square créé en 1890 au nord de la voie de chemin de fer. Mais il n’y avait rien du côté sud. L’église de Saint-Henri était située du côté nord de même que l’hôtel de ville, le poste de pompier et deux institutions d’enseignement. Au sud de la voie ferrée, il n’y a presque rien.

Le site choisi pour le nouveau parc est un grand espace vide entre les rues Notre-Dame et Saint-Ambroise. Avant son achat par la Ville pour en faire un parc le site était occupé par la Dominion Abattoir and Stock Yards. Cette compagnie créée par Robert Bickerdike en 1882 voit ses installations de Saint-Henri partiellement détruite par un gigantesque incendie le 22 octobre 1890. En 1982 un des propriétaires du square a effectué un sondage archéologique dans sa cour et a trouvé une couche de près d’un mètre d’os de porcs. Plusieurs autres sondages plus scientifiques réalisés dans le square par la Ville de Montréal ont confirmé la présence d’importantes structures liées à l’abattoir. Un tronçon de voie ferrée du Grand Trunk desservait l’abattoir en passant à l’endroit où se trouve actuellement la Caisse Populaire Desjardins.

En septembre 1908 la Ville de Montréal fait arpenter le futur square ainsi que son lotissement. L’année suivante en avril 1909, les lots des deux côtés du square sont adjugés. Les contrats de vente officiels suivent en juillet. Le nouveau square affecte la forme d’un long rectangle flanqué par deux rangées de maisons. Derrière ces maisons la Ville a aménagé deux ruelles. Le centre du square est occupé comme il se doit par une fontaine de la Mott Iron Works de New York. Pour le couvert végétal, la Ville opte pour des peupliers de Caroline Eugenii à croissance rapide.

En novembre 1909 suite à l’érection canonique de la paroisse Saint-Zotique, on entame le processus de construction de l’église sur la rue Notre-Dame à l’extrémité nord du square. Entre 1910 et 1911, on érige le soubassement ainsi que le presbytère selon les plans des architectes McDuff et Lemieux. L’église supérieure ne sera construite qu’en 1926 et 1927 toujours par Lemieux mais avec la collaboration de René Charbonneau. À l’autre extrémité du square, on construit entre 1924 et 1925, soit à la même époque que l’église, l’Académie Saint-Zotique. Celle-ci sera démolie au début des années 1980 et remplacée par un terrain de tennis. Sa cour de récréation sera, pour sa part, transformée en piscine publique.

Les deux rangées de maisons seront construites selon les directives de la Ville. Les façades doivent être situées à 12 pieds (3,6 mètres) de façon à dégager un espace pour de petits parterres et bien sûr les escaliers si typiques de Montréal. Les façades doivent être construites en pierre bosselée ou taillée ou en brique de première qualité. La Ville cherche de toute évidence à créer une unité entre les différentes constructions qu’elles soient unifamiliales, triplex ou sixplex. La grande majorité des maisons sont construites entre 1910 et 1912. Le square n’a pas beaucoup changé depuis sa création. Suite au grand verglas de 1998, de nombreux peupliers ont dû être abattus pour raison de sécurité. Les derniers survivants des débuts du square sont actuellement en train d’être abattus.

En 1965 la Caisse populaire Desjardins s’installe à côté de l’église. Son bâtiment résolument moderne est dû à l’architecte Henri Brillon. Ce sera le dernier grand ajout à notre joli square.


Article tiré de La Lucarne – Été 2018 (Vol XXXIX, numéro 3).

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