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L’intégration d’une descente de cave

L’intégration d’une descente de cave
Pierre Bleau, ing., M. A. – Membre de l’APMAQ

L’achat d’une résidence vient avec les améliorations apportées par les précédents propriétaires. Parfois, leurs ajouts sont de véritables réussites sur le plan de l’intégrité architecturale, d’autres fois, elles soulèvent des doutes sur l’intérêt de les conserver. Cet article traite d’une modeste descente de cave, qui impose quelques difficultés, surtout à cause du double usage de la porte, qui sert de plancher à une terrasse surélevée et d’accès principal à la cave.

Lorsqu’on se passionne pour l’histoire et la généalogie, on est fasciné par le vécu des anciennes familles occupantes ainsi que par l’évolution de leur habitat. Une démarche qui se bute souvent à l’absence de document et au manque d’explications sur les motifs justifiant leurs travaux de rénovation. Il existe d’autres sources d’information comme le témoignage des voisins, les permis de construction et les dépôts d’archives. C’est justement en retraçant une photographie indexée dans l’inventaire des bâtiments anciens (1977) de la Société

d’histoire du lieu que la présence d’un abri d’entrée de cave sur la façade arrière est dévoilée. En prime, ce dossier comprend un relevé à la main des étages. On découvre un escalier reliant le rez-de-chaussée à une chambre (ancien dortoir) à l’étage et donnant sur le mur intérieur de la façade arrière. L’agrandissement de la petite fenêtre à guillotine confirme la démolition de l’escalier et l’arasement de la partie supérieure du toit de l’abri ne conservant que les murs de fondation. La terrasse en bois de couleur verdâtre s’est invitée par la suite pour protéger les marches de la cage d’escalier des intempéries.

Dans un premier temps, il semblait logique de conserver cette terrasse surélevée en bois, mais la réalité de plusieurs hivers à pelleter la neige qui s’accumule sur la lourde trappe, est venue calmer notre ardeur à sauvegarder cette plateforme. De plus, une architecte relève rapidement la difficulté de concilier la sécurité des personnes lorsque le panneau de la trappe d’accès est ouvert pour descendre à la cave. En plus, elle soulève la perte de vision avec l’obligation d’installer un garde-corps. C’est en regardant un reportage à la télé sur les mesures de protection contre les tornades qu’est venue l’idée de poser des portes en acier comme au-dessus des abris souterrains. Une recherche de produits spécialisés s’est arrêtée sur des portes de sous-sol de la firme Bilco Canada.

Un entrepreneur est engagé pour démolir les vieux murs fissurés par le gel et les marches en béton de l’ancienne descente pour reconstruire une cage d’escalier en béton aux normes avec, cette fois-ci, des murs latéraux inclinés pour recevoir le cadre d’acier. La photo de 2018 montre l’aménagement paysager et la terrasse en pavés autour de cet accès devenu plus discret. Les observateurs remarqueront le remplacement des fenêtres à manivelle par un modèle à guillotine, ainsi que le retrait du revêtement en vinyle qui recouvrait le clin de bois.

En conclusion, il faut prendre le temps d’apprivoiser l’histoire de sa maison et ne pas hésiter à consulter des personnes ressources avant de poser des gestes irréversibles sinon onéreux à corriger.

 


Article tiré de La Lucarne – Automne 2018 (Vol XXXIX, numéro 4).

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