Visite à Sainte-Geneviève-Île-Bizard

19 octobre 2026

Diane Jolicoeur

André Laniel, historien-conteur et les membres de l’association devant les magnifiques bâtiments du Cegep Gérald-GodinMauricie, Lanaudière, Charlevoix, Estrie, Bellechasse, Montérégie, Capitale-Nationale… l’association Maisons anciennes du Québec aime diversifier les destinations pour ses visites du dimanche, afin d’offrir à tous la chance de découvrir des lieux exceptionnels. Le 9 août dernier, c’est dans l’ouest de l’Île de Montréal, demeurée si pittoresque, que des guides passionnés ont chaleureusement accueilli nos membres dans la salle paroissiale de Sainte-Geneviève.


Noviciat-Monastère des Pères DE Sainte-Croix

M. André Laniel, historien-conteur, nous invite ensuite sur le site de l’ancien Noviciat-Monastère des Pères de Sainte-Croix, devenu le Cégep Gérald-Godin. Il nous y présente l’histoire de ce chef-d’œuvre architectural, les artistes chargés dans sa construction, les différents propriétaires et l’évolution ensemble jusqu’à nos jours de ce magnifique ensemble.

Château Pierrefonds

L’arrêt suivant nous transporte au Château Pierrefonds, devenu une confortable résidence pour aîné(e)s. Grâce à un efficace diaporama très bien documenté, ainsi qu’avec le concours de guides passionnés, M. Pierre Laplante, qui fut longtemps propriétaire, présente aux visiteurs l’histoire mouvementée de ce lieu emblématique.

Construit au début du XXe siècle par le notaire Joseph-Adolphe Chauret, le « château », agrandi vers l’arrière à plusieurs reprises, a connu ensuite diverses fonctions: boulangerie, refuge pour femmes et enfants, école pour infirmières, domicile pour personnes âgées … le tout dans un décor élégant et raffiné… jusqu’à l’incendie majeur de 1991… ! Heureusement, dans un souci de respect pour cette belle d’autrefois, la résidence initiale fut reconstruite à l’identique, sur les vestiges restés en place, en ajoutant, bien sûr, les éléments de mise aux normes en vigueur, en plus d’une cour aménagée avec jardin et poules pondeuses ! Voilà bien la preuve qu’avec détermination et courage, le précieux patrimoine bâti peut encore longtemps teinter le paysage ancien, tout en demeurant utile et inspirant !


Manoir d’Ailleboust de Manthet

Vue du Manoir D’Ailleboust de Manthet

Fenêtre à quatre volets au rez-de-chaussée de la maisonPuis, non loin de là, la magnifique Maison d’Ailleboust de Manthet (1845) nous attend, devant son portique semi-circulaire surmonté d’un balcon. M. Robert Cloutier, conjoint de la propriétaire, Mme Alice Khieu, nous présente la chaîne de titres depuis la construction, le coût des investissements nécessaires, ainsi que les travaux entrepris de 2011 et 2016, tels que la pose de toiture en tôle à baguette et la restauration des fenêtres d’origine.

Exceptionnel escalier en spirale, sans poteau central, qui relie les trois étages de la maisonDans ces locaux occupés par une clinique dentaire, au rez-de-chaussée, se découvrent différents éléments patrimoniaux, telles des sections de murs de pierre d’origine jouxtant des matériaux plus contemporains toujours éclairés par des plafonniers judicieusement positionnés. Le visiteur peut même admirer un petit musée regroupant, dans une armoire vitrée, des artéfacts découverts lors des travaux, ainsi qu’une coupe de mur ancien préservé derrière un panneau en acrylique ! Ce souci de préservation a d’ailleurs permis de restaurer un rare escalier en spirale, sans poteau central, tout en bois peint qui mène les invités jusqu’aux étages supérieurs… défi de taille, s’il en est un, exigé par le ministère de la Culture, malgré des coûts plutôt… inattendus !!!

Au premier étage, les espaces résidentiels sont spectaculaires : lambris conservés, hauts plafonds de 12 pieds, planchers d’origine en cèdre, calorifères à l’eau toujours fonctionnels, foyers authentiques et luminosité bienfaisante… jusqu’au second étage, où se trouvent d’autres pièces à caractère privé.

La cuisine, quant à elle, offre des équipements contemporains, côtoyant de vieilles armoires en bois, dotées de leur quincaillerie d’époque… certes parfois difficiles à bien refermer… mais rappelant leur longue histoire, assurément !

Après un pique-nique partagé à la salle paroissiale ou dans le joli parc adjacent, nous avons rendez-vous à la maison Espace patrimoine et histoire. Deux dames bénévoles, passionnées par l’héritage culturel de leur belle région, nous font découvrir l’exposition : « Enweille, déguédine à l’école ! », nous présentant l’évolution du système scolaire local et les écoles de rang. Elles nous montrent aussi les travaux de tissage sur de beaux métiers encore en fonction, une maquette du premier pont (1893), ainsi que l’arbre généalogique regroupant neuf générations issues des fondateurs de l’Île-Bizard… impressionnant !


Église Sainte-Geneviève

Nef de l’église Sainte-GenevièveNos pas nous amènent ensuite à la Crypte, sous l’église, ayant servi de cimetière jusqu’en 1966 et regroupant 720 sépultures !! Notre guide, M. Laniel, apporte de nombreuses explications concernant les inscriptions sur les plaques aux murs, la vie de certains paroissiens, celle de la Sœur Esther Blondin, les derniers curés, ainsi que divers objets historiques liés à la vie agricole régionale. Sont également fournies des informations étonnantes concernant le transport des énormes poutres de cèdre soutenant l’église, au moyen des radeaux opérés par des cageux !

Statue de la Vierge présente dans la crypteEncore enveloppés de cette aura de mystère dégagée par ces lieux remarquables, les visiteurs vont à la rencontre de M. Serge Gagné, qui nous attend à l’intérieur de cette magnifique église Sainte-Geneviève, un édifice de style roman, datant de 1847.

Pour l’anecdote, il faut savoir que ce lieu de culte est la seule réalisation de l’architecte Thomas Baillargé, sur l’île de Montréal ! Notre guide nous explique la position de ce chef-d’œuvre au cœur de la trame historique locale, ainsi que les grands travaux de rénovation entrepris de 1923 à 1927 : planchers, confessionnaux, portes avant et chaire surmontée d’un superbe abat-voix, sans oublier divers éléments distinctifs du bâtiment, tel que le vestibule orné de peintures représentant les premiers curés, la cloche de 1872, la nef et ses multiples dorures.

Datent de la même époque, les œuvres d’art, dont les tableaux d’Ozias-Leduc (1925 à 1930), les vitraux de l’artiste italo-canadien Guido Nincheri (1926), de même que le buste du frère André, membre de la Congrégation de Sainte-Croix, l’hommage à Mère Marie-Anne, fondatrice des Sœurs Sainte-Anne qui fut béatifiée par Jean-Paul II, ainsi que des lampions fonctionnant à l’électricité … assurant ainsi propreté et … sécurité !


Maison Joseph-Charlebois

Le temps a filé bien vite et tous les membres présents sont généreusement invités chez Mme Catherine Talbot et M. Jean-Paul Alloi, pour un cocktail sur la terrasse ombragée, à proximité de leur magnifique maison ancestrale datant de 1799, entourée de jardins bucoliques, et ce, au cœur du Parc-nature du Cap-Saint-Jacques !

Vue des deux façades de la maison Joseph-Charlebois


Article tiré de La Lucarne – Automne 2026 (Vol XLVII, numéro 4).

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