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La démolition de la maison Sainte-Marie

La Prairie adopte finalement un règlement sur la protection des bâtiments à valeur patrimoniale

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Maison Sainte-Marie avant sa démolition. Crédit : Michel Gauthier.

En 2013 et 2014, La Lucarne a publié deux articles sur la démolition de la maison ancestrale de la famille Sainte-Marie : La Prairie dit au Revoir à son passé! Il s’agissait d’un bâtiment et d’un site unique à La Prairie associé à une famille de souche, une perte irremplaçable pour les générations futures.

Peu de temps après cette catastrophe, la municipalité a finalement mis en place un règlement (1344-M) concernant la protection des bâtiments à valeur patrimoniale situés à l’extérieur du site patrimonial déclaré et comprenant une liste de bâtiments identifiés dans le recensement de la MRC. Il faut se réjouir de ce développement qui est un pas dans la bonne direction. Malgré cela, la lecture du règlement en révèle les points faibles et les lacunes sur lesquels il faudrait absolument travailler pour éviter la répétition d’autres démolitions toujours possibles.

Au-delà de la liste associée au règlement, il n’y a aucune expertise au niveau municipal en matière de patrimoine et, à ce jour, le Comité de protection est actuellement constitué de trois membres du Conseil municipal qui étaient déjà en place lors de la démolition de la Maison Sainte-Marie. La procédure de consultation en cas de demande de démolition demeure déficiente ; la publication d’un avis de démolition n’est pas requise, un simple avis de démolition doit être affiché pour 10 jours sur le terrain du bâtiment. Je doute que cela aurait suffi à sauver la maison Sainte-Marie en permettant à des individus ou organismes de présenter un document d’opposition crédible. La convocation d’une assemblée publique en cas d’opposition demeure discrétionnaire au comité. Finalement, les critères à considérer pour une décision de démolition ou non sont incomplets, il manque la valeur patrimoniale locale du bâtiment, son intégration dans le milieu (site), le souhait de la population de le voir préservé et la présence d’alternatives possibles qui pourraient être mises en place pour en assurer la pérennité.

La préservation d’un bien d’intérêt collectif détenu par un individu suppose que la contrainte réglementaire actuelle soit accompagnée d’incitatifs positifs à le mettre en valeur et à le préserver. C’est la partie manquante du règlement actuel qu’il faut compléter. Quelques suggestions : financer la documentation historique des bâtiments en incitant les Sociétés d’histoire à faire des recherches avec le propriétaire, publiciser ces bâtiments typiques dans les brochures et journaux locaux, attribuer des prix et reconnaissances à leur mise en valeur et surtout traduire l’intérêt collectif pour ces bâtiments en mesures fiscales incitatives pour les propriétaires (un crédit partiel de taxes municipales applicables pour des travaux de mise en valeur). Il serait alors pleinement justifié d’imposer des contraintes de préservation pour des bâtiments d’intérêt commun. L’auteur fera des recommandations en ce sens à la municipalité pour l’inciter à innover dans cette voie.

Par Michel Gauthier

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