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Un mécénat patrimonial, des préjugés à combattre, une île à protéger

Un mécénat patrimonial, des préjugés à combattre, une île à protéger
Louis Patenaude, président de l’APMAQ

UN MÉCÉNAT
Combien de pertes patrimoniales n’avons-nous pas déplorées au cours des derniers mois? Pour beaucoup d’entre elles, il n’y avait aucune justification. Ce numéro de La Lucarne veut porter à l’attention de ses lecteurs un cas se situant exactement à l’opposé. Des fonds privés ont été mis au service de la sauvegarde d’une maison ancienne dans un but humanitaire. Il s’agit de la maison Roy dont on trouvera le récit dans ces pages. De tels cas sont rares mais peut-être pas autant qu’on serait porté à la croire. Il est important d’en faire état afin de favoriser une certaine émulation dans ce sens. Notre société a été longtemps habituée à une philanthropie qui se pratiquait par l’entremise du clergé et des communautés religieuses. Une nouvelle philanthropie, laïque cette fois, est en émergence. Pourquoi ne pourrait-elle pas bénéficier à la sauvegarde patrimoniale? C’est là une avenue que nous espérons prometteuse.

 

DES MYTHES
De son côté, notre Comité de sauvegarde, se fondant sur son expérience, a identifié 10 croyances ou mythes abondamment répandus qui font trop souvent obstacle à la sauvegarde du patrimoine bâti. Les fenêtres anciennes qu’on remplace inutilement, la peinture sur la brique ou certains matériaux dits « sans entretien », autant de préjugés ou d’idées reçues qui sont causes d’erreurs commises par des propriétaires agissant de bonne foi. Le dixième mythe identifié est peut-être le plus sournois. Nombreuses en effet sont les pertes dues à une interprétation étroite ou erronée de nos lois et règlements voulant qu’un bâtiment qui n’est pas formellement reconnu comme patrimonial soit sans valeur et qu’on puisse en disposer à sa guise. Prenons conscience de ces mythes et tentons de les combattre!

UNE ÎLE
Deux menaces pesaient récemment sur le berceau patrimonial québécois qu’est l’Île d’Orléans. L’une d’elles se trouve atténuée puisque, nous a-t-on dit, le troisième lien projeté à Québec ne comporterait pas de sortie vers l’île. L’autre qui plane encore lourdement est explicitée dans ce numéro. Il s’agit de la perte possible d’un territoire constitué d’une forêt qui n’a, à ce jour, jamais été touchée et d’une terre cultivée pendant 250 ans comprenant une maison du début du XIX siècle. Le projet envisagé est un village touristique incompatible avec le statut de site patrimonial de l’Île. Une Coalition citoyenne s’est mise en place en vue de sauvegarder ce précieux patrimoine. L’APMAQ lui apporte son appui le plus ferme.


Article tiré de La Lucarne – Été 2019 (Vol XL, numéro 3).

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