Anita: un exemple à suivre

13 septembre 2016

Anita Caron nous a quittés en juillet dernier nous laissant le souvenir
d’une femme fortement engagée en faveur de la sauvegarde et de la mise en valeur du patrimoine bâti

Pendant dix ans, elle a présidé aux destinées de l’APMAQ. Pour solennelle qu’elle soit, cette façon de dire les choses n’en est pas moins juste. Anita Caron a, pendant toutes ces années, veillé avec une méticulosité quotidienne à la bonne marche des activités de l’APMAQ tout en propulsant notre association vers un avenir plus bénéfique au patrimoine. Elle s’est investie sans compter ni les jours ni les heures et a ainsi contribué puissamment à faire de l’APMAQ ce qu’elle est aujourd’hui. Présidente après avoir été vice-présidente et membre du Conseil d’administration, elle fut une des premières à adhérer à ce regroupement d’amis et de propriétaires de maisons anciennes du Québec qu’est l’APMAQ.

Le patrimoine n’est qu’une facette de la vie et de la carrière d’Anita mais tout étant lié, mentionnons d’entrée de jeu qu’elle a été la première femme laïque à obtenir un doctorat en théologie de l’Université de Montréal, qu’elle a poursuivi sa carrière d’éducatrice à l’UQÀM où elle a contribué à l’établissement du Département de sciences religieuses et créé l’Institut de recherches et d’études féministes (IREF). Elle était professeure émérite de l’UQAM.

Alliant son souci du patrimoine aux nécessités pratiques, elle s’est employée à consolider les structures administratives de l’APMAQ. Consciente que le bénévolat, si dévoué soit-il, n’était pas sans limites, elle a réussi, grâce au développement d’un partenariat avec l’Écomusée du fier monde et l’Association québécoise du patrimoine industriel (AQPI), à doter l’APMAQ d’une ressource humaine rémunérée. Elle a ouvert ainsi une avenue qui s’est révélée fructueuse. C’est également sous son impulsion que l’APMAQ s’est adaptée à l’électronique et que notre premier site a été créé.

Mis en place dès les premières années de l’APMAQ, les prix constituent une de nos modalités d’action importantes en ce qui touche la sensibilisation au patrimoine. Elle s’est engagée dans une mise à jour en profondeur des prix laquelle a mené à la création du prix Thérèse-Romer et à un rayonnement accru du prix Robert-Lionel-Séguin.

En matière patrimoniale, Anita favorisait la sauvegarde non seulement des maisons individuelles mais aussi des ensembles bâtis. C’est ce qui a motivé son action à Cap-Saint-Ignace où, tout en restaurant sa maison familiale, elle a mené plusieurs actions en vue de la reconnaissance de l’ensemble institutionnel du village soit l’église, le presbytère et la grange-à-dîme. Toujours à Cap-Saint-Ignace, elle s’est engagée également avec succès dans la sauvegarde du moulin Ouellet construit en 1823 et l’ un des derniers moulins à eau du Québec. Avec d’autres défenseurs acharnés du patrimoine, elle crée la Corporation de mise en valeur du Domaine de Murval, connu aujourd’hui sous le nom de domaine Pointe-de-Saint-Vallier et pendant plusieurs années elle s’attachera, toujours en partenariat, à réunir les conditions permettant la sauvegarde du manoir de Saint-Vallier.

La préservation des techniques traditionnelles de construction sont, comme on le sait un souci constant de l’APMAQ tant il est vrai qu’on ne peut conserver les maisons anciennes si les techniques traditionnelles tombent dans l’oubli. Anita Caron en était convaincue et un colloque sur la question a été organisé en 2007 avec l’appui de la Fondation maisons anciennes du Québec.


Article tiré de La Lucarne, automne 2016 (vol. XXXVI:4).

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