À la découverte d’un circuit patrimonial : Lotbinière

14 décembre 2019

Le programme de l’assemblée générale annuelle et de la remise des prix de l’APMAQ, les samedi 5 et dimanche 6 octobre 2019, incluait la visite de quelques maisons anciennes sur le circuit patrimonial de la municipalité. Déjà, le point de rassemblement au Domaine Joly-De Lotbinière, classé bien culturel du Québec et reconnu comme lieu historique national du Canada, valait à lui seul le déplacement tant pour son histoire seigneuriale et son manoir de 1851, construit dans l’esprit de la villa pittoresque que pour son aménagement paysager.

Dès le début du parcours devant le parvis de l’église, les membres écoutent religieusement M. Claude Crégheur expliquer l’histoire du lieu et, à l’intérieur, il ajoute d’autres détails et explications sur l’époque seigneuriale. La présence du banc du Seigneur fait grande impression et constitue l’attrait incontestable des lieux.


La visite de l’intérieur de cette coquette maison, de style vernaculaire, au teint azuré a été retardée; en effet, plusieurs de nos amis férus d’architecture ont été distraits à la vue d’un ancien bâtiment secondaire au bout de l’allée, ayant servi d’école. S’en est suivie une discussion animée sur la présence d’un vitrage à 12 carreaux aux lucarnes et sur les techniques de construction de sa charpente.

Le propriétaire, M. Courcelles a finalement réussi à nous faire entrer dans sa demeure pour nous éclairer sur son architecture et nous expliquer ce qui motive la mise en vente de sa belle propriété.


À quelques pas de l’église Saint-Louis de Lotbinière, nous pénétrons dans la maison Pagé, d’esprit néo-classique et construite vers 1815. Il s’agit d’un immeuble patrimonial qui a obtenu un statut de classement en 1968 qui profite d’une aire de protection depuis 1977. L’état de conservation de l’intérieur est exceptionnel. Notre hôtesse, Mme Allard, répond généreusement aux nombreuses questions de ses visiteurs émerveillés et fait appel à la mémoire de sa mère. Celle-ci apporte d’intéressantes précisions sur l’histoire familiale et la chronologie des interventions sur la maison.

La pierre du linteau de l’âtre du foyer soulève de nombreuses hypothèses parmi nos spécialistes; elle est gravée d’une date antérieure à l’année de construction de la maison. Un mystère à résoudre!


La maison Legendre a été construite dans l’esprit français. Le rehaussement de la toiture et l’ajout des lucarnes pignon à la fin du XIXe siècle en ont changé l’aspect.

Le dépliant émis par la municipalité indique :

« Maison de pierre construite par le colonel Louis Legendre. Une école latine, appelée Petit Collège, y fut installée en 1851, sous la responsabilité du curé Édouard Faucher, personnage fort important dans la paroisse à l’époque. Dans cette demeure, le notaire Thomas Bédard enseignait les éléments du latin aux jeunes garçons qui désiraient faire un cours classique ».

La maison était en vente lors de notre visite. Il devient maintenant difficile d’intéresser ses enfants à occuper ces vastes demeures car chacun a déjà sa propriété. Comment conserver l’âme d’une demeure ancestrale lorsque la cellule familiale s’effrite? Un curieux sentiment nous envahit lorsqu’on explore les vastes pièces privées de leur animation quotidienne. Une maison qui mérite une deuxième vie.


Cette maison située au cœur du noyau villageois est typique du modèle cubique d’origine états-unienne. Son propriétaire, M. Paquin, nous fait pénétrer dans son intérieur par le sous-sol, occupé autrefois par un commerce qu’il a transformé en atelier d’ébénisterie attirant le regard admiratif des bricoleurs présents. Il faut toutefois quitter ce lieu de créativité pour poursuivre à l’étage. Tout le groupe s’attable autour d’un îlot de cuisine. Nous écoutons le résumé de sa démarche environnementale visant à sélectionner des matériaux sains sans émissions nocives; c’est un geste écologique pour sa propre santé qui l’amène même à visiter des centres de recherches pour y obtenir des réponses.

Les murs sont tapissés de vieilles photographies de la maison preuve de l’intérêt du propriétaire pour l’histoire de la maison. La visite se poursuit jusqu’au grenier où l’on apprécie le détail de sa charpente de bois.


Après deux jours à sillonner la route Marie-Victorin pour découvrir sa richesse architecturale arrive le moment de clore cet après-midi au charme automnal dans un lieu champêtre. Le groupe est donc convié à venir se réchauffer autour d’un thé à l’anglaise à l’Auberge de Lotbinière, une grande résidence d’influence néo-Queen-Ann. Les tasses de porcelaine joliment dépareillées avivent les conversations sur la pertinence de la réutilisation d’objets anciens.

Les aubergistes expliquent leur projet de gîte, nous renseignent sur l’état de conservation de l’immeuble lors de son acquisition et sur les futurs travaux de rénovation à la toiture. Une visite libre des chambres à l’étage permet d’apprécier la disposition des pièces et leur décoration. Trop brève pour plusieurs, cette rencontre amicale de deux jours à la découverte des trésors patrimoniaux de la municipalité de Lotbinière s’achève devant une élégante tasse de thé.


Article tiré de La Lucarne – Hiver 2019-2020 (Vol XLI, numéro 1).

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