La Forge Riverin... sauvegardée!

6 septembre 2021

Diane Jolicoeur

C’est au cœur d’un quartier ancien de La Malbaie, dans Charlevoix, que fut construite la Forge Riverin. Cet édifice présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique, en tant que témoin précieux du développement économique, industriel et touristique, au milieu du XIXe siècle. En effet, c’est vers 1850 que William Riverin fait ériger la forge, sise au 218 de la rue Saint-Étienne. Gustave Riverin, le fils de William, prend la relève de son père et enseigne à son tour le métier de forgeron à son fils Louis (1918-2004). Cette famille fabrique durant plusieurs décennies des objets utilitaires, tels des fers à cheval, des clous, des outils et des ustensiles de cuisine. À partir de 1962, Louis réoriente sa production vers la forge d’art, et ce, avec un tel succès, que sa renommée dépasse les limites de la province, voire du pays. Les girouettes fabriquées par Louis Riverin sont repérables sur le faîte de plusieurs bâtiments de la région de Charlevoix.

La Forge Riverin fut citée immeuble patrimonial, par la Municipalité de La Malbaie, en janvier 2006, et cette dernière en confie la gestion aux Amis de la Forge Riverin. Puis, en mars 2016, l’immeuble fut cédé à la Société d’histoire de Charlevoix qui a mené une campagne de financement permettant des travaux de restauration à l’été et au printemps suivants. C’est ainsi qu’ont pu y être logées des expositions historiques, ainsi que les archives et les bureaux de l’organisme, attirant jusqu’à 3 000 visiteurs par été. Le travail acharné des bénévoles a sauvé l’édifice d’une démolition possible, tout en préservant l’aspect patrimonial de son architecture. S’élevant sur trois étages, cet imposant bâtiment de plan rectangulaire est coiffé d’un toit mansardé percé de lucarnes. La façade, aménagée dans l’un des murs pignons, comporte une galerie couverte de même qu’un balcon surmonté d’un auvent, tous deux de pleine largeur. Le bâtiment est implanté sur un terrain escarpé, ce qui dégage un étage supplémentaire en façade. La forge se situe au rez-de-chaussée, alors que les étages supérieurs sont réservés à l’habitation. L’essentiel de l’ornementation (corniche ornementée de l’auvent et aisseliers des poteaux du balcon) se concentre au deuxième étage. Le rez-de-chaussée, beaucoup plus dépouillé, est pourvu d’une porte à deux vantaux. Elle confirme la fonction artisanale de cet étage. L’atelier est demeuré quant à lui inchangé pendant plus de cent cinquante ans. Encore aujourd’hui, il possède ses attributs d’époque, tels les soufflets, la forge et les outils, qui sont toujours fonctionnels.

En 2021, la Forge Riverin changera de propriétaire, mais les membres de la Société d’histoire de Charlevoix sont heureux d’avoir redonné une nouvelle vie à ce bâtiment plus que centenaire, et ils sont confiants quant à la poursuite de sa mise en valeur. Ils prévoient le déménagement de leurs activités vers la Maison Lapointe en 2023, au plus tard l’année suivante. Quant au nouveau propriétaire de la Forge Riverin, il présentera son projet au cours des prochains mois… À suivre !


Article tiré de La Lucarne – Automne 2021 (Vol XLII, numéro 4).

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