De la foresterie à la fenêtre en bois

6 septembre 2021

Philippe Dalois,
artisan ébéniste

Je suis reconnu comme artisan professionnel par le Conseil des métiers d’art du Québec depuis plus de dix ans. J’ai suivi plusieurs formations de perfectionnement en patrimoine bâti et en fabrication de portes et fenêtres. Je détiens un diplôme d’ingénieur en foresterie décerné par l’Université Laval en 2002. Ce diplôme ajoute une assise scientifique à ma discipline qui est plus technique. Je suis de plus détenteur d’une licence de la Régie du bâtiment du Québec comme entrepreneur spécialisé en finition de bâtiment. Cette licence me permet d’effectuer des travaux d’installation de portes et de fenêtres et de finition du bois dans les édifices résidentiels.

Mon grand-père, en Bretagne, avait une scierie et mon père, qui a appris à y travailler, est devenu informaticien ; il m’a aussi transmis l’amour du travail du bois dans notre petit atelier du centre-ville de Québec. J’ai grandi dans une grande maison centenaire de style anglais du quartier Montcalm. Il y avait toujours des réparations ou des rénovations à effectuer chez nous mais aussi chez plusieurs voisins qui reconnaissaient en nous de bons menuisiers. C’est d’abord ainsi que j’ai appris à réparer et à restaurer les fenêtres traditionnelles en bois.

J’ai poursuivi mes études au cégep puis à l’Université Laval où j’ai obtenu mon diplôme d’ingénieur en aménagement et environnement forestier. Bien que la foresterie québécoise ne m’ait pas plu par son côté trop industriel, c’est la science forestière qui m’est restée, plus particulièrement celle du bois.

En 2004, j’ai décidé de me lancer en ébénisterie ; j’ai donc créé l’atelier « Le Forestier ». Au début, j’ai fréquenté des salons de métiers d’art où j’exposais mes créations, bijoux, petits objets et mobilier. C’est en participant à des formations du Conseil des métiers d’art du Québec sur le patrimoine bâti que j’ai perfectionné mes connaissances en ce qui touche les fenêtres traditionnelles surtout grâce au savoir-faire de mentors comme Alain Lachance. J’ai aussi eu l’occasion de rencontrer M. et Mme Allbäck lors d’une journée de formation sur la peinture traditionnelle à l’huile de lin.

Ces rencontres m’ont fait comprendre toute l’importance de la tradition dans l’exercice de mon métier. Je peux maintenant voir à quel point le manque de connaissance du bois dans les ouvrages de menuiserie, mais aussi le choix des peintures industrielles sont venus dégrader notre patrimoine bâti tant au niveau des fenêtres en bois que des menuiseries extérieures. Aujourd’hui je peux valider avec fierté le bienfait de ces techniques en revisitant les ouvrages que j’ai faits depuis les dix dernières années.


Article tiré de La Lucarne – Automne 2021 (Vol XLII, numéro 4).

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