Gaston Gagnon récipiendaire du prix Robert-Lionel-Séguin 2022

Gaston Gagnon récipiendaire du prix Robert-Lionel-Séguin 2022

20 octobre 2022

Photo de Jerry RoyLe samedi 8 octobre 2022, l’APMAQ a reconnu l’immense contribution de Gaston Gagnon à la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine bâti québécois en lui remettant le prix Robert-Lionel-Séguin 2022. La cérémonie de remise de prix s’est déroulée lors du Congrès annuel, tenu à Arvida (Saguenay) les 7, 8 et 9 octobre 2022.

Clément Locat, récipiendaire du prix en 2018 et membre du jury en 2022 s’est ainsi prononcé :

« Je pourrais vous parler longtemps des réalisations de notre récipiendaire tant elles sont nombreuses et de grande envergure. Voilà une carrière et un engagement personnel dédiés à la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine. Ses confrères et collaborateurs parlent de lui comme d’un coureur de fond.

Véritable éveilleur de conscience, il a fait le lien entre l’histoire et les lieux où elle s’est incarnée et il a ainsi alimenté la fierté collective. Il a touché la sensibilité de l’opinion publique par les nombreux cours et conférences qu’il a donnés, par les innombrables écrits qu’il a signés, notamment la publication d’un ouvrage de référence pour sa région Au Royaume du Saguenay et du Lac Saint-Jean, une histoire à part entière, des origines à nos jours.

L’impact de ses actions a été significatif pour sa région : il a été précurseur en élargissant le champ de ses relevés et études, du patrimoine résidentiel et institutionnel vers le patrimoine industriel et immatériel. Au cours de sa carrière au bureau régional du ministère de la Culture et des communications, il a contribué au classement ou à la citation de près d’un millier d’immeubles, ce qui est unique pour une seule région.

D’abord comme historien public avec la mise en valeur de l’ancienne Pulperie, puis au cours de sa carrière au ministère de la Culture et des Communications avec le classement de la Vieille Fromagerie Perron de Saint-Prime, le classement de l’église

Il a été de tous les débats dans son domaine, suscitant la mobilisation citoyenne pour de nombreux projets, d’abord comme historien public avec la mise en valeur de l’ancienne Pulperie, puis au cours de sa carrière au ministère de la Culture et des Communications avec le classement de la Vieille Fromagerie Perron de Saint-Prime, le classement de l’église et du presbytère du Sacré-Cœur, la relocalisation de la maison d’Arthur Villeneuve dans un bâtiment de la pulperie, la mise en valeur du village historique de Val-Jalbert, la création du parc du bassin, avec la petite Maison blanche et le classement d’éléments significatifs du patrimoine religieux moderne, en plus de son implication menant au classement du site patrimonial d’Arvida.

La plupart d’entre nous savent ce que la défense et la mise en valeur de bâtiments ou de sites patrimoniaux exige de détermination, de pouvoir de persuasion et de patience, c’est donc tout à l’honneur du notre récipiendaire 2022 d’avoir tant de réalisations à son actif.

Félicitations à Gaston Gagnon, récipiendaire du prix Robert-Lionel-Séguin 2022 »

PRIX APMAQ 

8 octobre 2022

Monsieur le Président,
Messieurs et Mesdames de l’APMAQ,
Monsieur/Madame X, récipiendaire du prix Thérèse-Romer.

Photo de Jerry RoyComme moi, vous avouerez que c’est quelque chose de voir toute votre vie professionnelle passer devant vous.

Suis-je fier de recevoir ce prix, pourriez-vous me demander ? Eh bien, oui !
Et ce, d’autant plus qu’il était inespéré et inattendu, et surtout quand on regarde la liste des récipiendaires qui ont été honorés par votre association à commencer par les derniers comme Lucie-K. Morisset et Christian Denis, et plus loin encore comme Luc Noppen, Jean-Claude Marsan ou Paul-Louis Martin et Michel Lessard.

« Fais ce que dois » a toujours été ma devise préférée, mon leitmotiv d’action.
Comme Robert-Lionel Séguin, j’ai appris le patrimoine sur le tas.
Il s’est révélé à moi en 1980 par la visite d’une friche industrielle, celle de LA Pulperie, en compagnie de de Ghislain Bouchard, l’auteur de la Fabuleuse histoire du royaume, qui était alors entré dans la Corporation de la Vieille Pulperie de Chicoutimi.
Il me demandait alors de réaliser un numéro souvenir de la revue Saguenayensia de la Société historique du Saguenay sur l’histoire du lieu que je ne connaissais pas et qu’Alfred Dubuc, mon directeur de mémoire en histoire à l’UQAM et petit-fils de J-É.-A. Dubuc, ne m’en avait jamais parlé.

Depuis cette époque, le mot n’est pas inapproprié si je peux dire, le patrimoine n’a cessé de m’habiter et de constituer la plus grande part de ma vie professionnelle.
À travers chacun des projets auxquels j’ai été associé et collaboré, je me suis efforcé de valoriser l’histoire du milieu et d’insérer le patrimoine de ma région dans le patrimoine national, voire international avec le projet d’Arvida.

Cet exercice de construction s’est concrétisé avec des alliés : les partenaires municipaux et corporatifs, en plus des professionnels en bâtiments anciens et des consultants en patrimoine.

Et je ne peux oublier mes collègues du ministère de la Culture et des Communications pour qui j’ai une grande estime pour leur expertise et dont j’ai, parfois ou souvent, confronté leur position pour l’avancement des projets de ma région. Car pour moi le patrimoine n’est pas quelque chose de figé et d’intangible, mais quelque chose, au contraire, de vivant et d’inspirant puisque le passé, le présent et le futur sont insérés en lui comme un « rhizome » si bien décrit par le professeur Xavier Greffe.

En terminant, j’aimerais exprimer deux vœux :

  1. Que si l’identité du Québec se définit par la langue, le droit civil français et le patrimoine, que celui-ci soit considéré par les autorités supérieures, en tant que trace du passé et levier de développement territorial, à la hauteur des aspirations de fierté et des moyens humains et financiers qu’il commande;
  2. Que face à cet enjeu, qui ira en s’accélérant et en grandissant avec les changements climatiques comme le triste destin du Château Dubuc nous l’a rappelé récemment comme un déshonneur, qu’une éducation patrimoniale à la manière énoncée par Hugues de Varine, dans son livre « Les racines du futur. Le patrimoine au service du développement local », devienne un prérequis du cursus scolaire et des élus afin de composer et de rendre compte de la beauté des couleurs du Québec à travers son paysage bâti.

Merci à l’Association pour cette appréciation qui m’est faite;
Merci à Lucie-K. Morisset, à Luc Noppen et à Philippe Dubé qui sont présents ce soir, ainsi qu’à Sylvain Gaudreault, député sortant de Jonquière et mon ex-étudiant à l’UQAC, de leur appui et de leur soutien dans mon travail tout au long de ces années.


Bonne soirée à toutes et à tous.

Gaston Gagnon


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