L’APMAQ et son tour de l’Île ! : Congrès Île d’Orléans 19 et 20 octobre 2024

16 février 2025

Diane Jolicoeur pour le Comité de programmation

Jean Lapointe, maire de Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans, accueille les participants.Comment ne pas tomber sous le charme de cet endroit mythique qu’est l’Île d’Orléans ? Au Centre municipal de Saint-Jean, les membres de l’APMAQ ont été chaleureusement accueillis par leur président, Clément Locat, ainsi que par le maire, Jean Lapointe. Puis, Pierre Lahoud, historien enthousiaste et photographe reconnu, a donné une remarquable conférence tout à fait captivante sur les curiosités de l’Île ! Après le dîner servi sur place, ce fut le début des visites à Saint-Jean. La Maison Fortier : parement intérieur et extérieur en bois, pignons en bardeaux de bois bisautés, toiture en tôle à baguette, et dans la cour… un jardin… une terrasse… une cascade, ainsi qu’un ancien cabanon tout mignon, faisant rimer ancienneté et sérénité !

Le tailleur de pierre, Adrien Bobin, parle de son travail sur les sculptures du parlement de Québec.Le déplacement suivant nous réserve une belle surprise : sur d’imposantes pierres retirées de la façade du Parlement, nous découvrons les armoiries du Québec ! L’artisan Adrien Bobin nous explique ses techniques de restauration, son parcours professionnel et les perspectives d’emploi comme tailleur et sculpteur sur pierre, ses divers outils, les matériaux utilisés, ainsi que la variété de clients faisant appel à ses talents. Puis, il nous invite dans sa résidence attenante, utilisée à des fins commerciales depuis sa construction en 1832, jusqu’à l’achat par M. Bobin en 2013. Les visiteurs sont séduits : murs intérieurs partiellement mis à nu, parement mural fait de planches récupérées et peintes du même bleu d’époque, foyer du salon installé à l’endroit d’origine, charpente apparente à l’étage, dénudée pour y aménager des chambres, sans oublier la toiture et les fenêtres toutes restaurées ! Que de sujets d’inspiration pour les amateurs de patrimoine !

Un groupe de visiteurs devant la Maison Fortier et un détail des fers de galerie en fonte de la balustrade.

Puis, la Maison Genest-Mourier (1723), au sommet du plateau, parsemée de plans d’eau : les propriétaires nous y racontent l’histoire des familles d’origine, mieux connue grâce aux recherches dans les archives. Anciennement lambrissé de bois, le parement extérieur de pierre fut peint en blanc vers 1960. Longtemps utilisée comme maison d’été, les familles l’ont toujours protégée et entretenue. Récemment, une gouttière de bois fut ajoutée. Plus loin, on croise une piscine creusée et son charmant pavillon d’invités, ainsi qu’une grange ancienne, en provenance des Éboulements, démontée, numérotée et remontée vers 1975. Cette même technique fut utilisée pour déménager une petite résidence de Saint-Charles-de-Bellechasse, devenue garage pour la machinerie !

L’étape suivante nous transporte littéralement au temps de la colonisation française : le manoir Mauvide-Genest, site historique national et fier exemple d’habitation seigneuriale. L’ancienne partie date de 1734, puis un bureau et un salon furent ajoutés en 1752, de même qu’une chapelle annexée en 1929. La vaste chambre des maîtres possède toujours son plafond aux couleurs d’origine ! Au grenier, artefacts et vieux métier à tisser sont exposés sous la charpente apparente, et au sous-sol, subsistent un puits de surface, un foyer et un four à pain, éléments essentiels pour le quotidien du seigneur Jean Mauvide, chirurgien !

Claud Michaud interprète quelques chansons de Félix Leclerc.En soirée, les membres de l’APMAQ furent accueillis au Resto de la Plage, à Saint- Jean : cocktail, repas savoureux et interlude Félix Leclerc interprété avec brio par Claud Michaud. Fut ensuite remis le Prix Robert-Lionel-Séguin à Michael Fish, co-fondateur de Sauvons Montréal et architecte renommé très impliqué dans la sauvegarde de bâtiments patrimoniaux.

Dimanche matin, 7h45 : l’église de Saint-Jean, construite entre 1734 et 1737, classée bien patrimonial en 1957, est ouverte aux membres de l’Association. La décoration intérieure est riche, avec ses grands tableaux et ses fonts baptismaux de 1857 ! À proximité, on remarque le cimetière marin, une enceinte de pierre, la grange à dîmes, le presbytère maintenant devenu une charmante boulangerie, toutes ces dépendances étant très bien entretenues, pour le plus grand plaisir des visiteurs.

À la suite de l’assemblée générale annuelle, on procède à la remise du Prix Thérèse-Romer, offert à Raymond Malo et Hélène Leroux. Ils nous présentent avec passion la restauration de leur belle maison de Kamouraska. Suit l’allocution de Lina Labbé, mairesse de Saint-François, qui explique les emblèmes de la ville, les noms des familles-souches, les atouts géographiques et touristiques. Après dégustation d’un excellent dîner pris sur place, tous se dirigent vers les visites suivantes à Saint-François.

La Maison Picard-Gauthier, toute en pierre, avec ses gouttières de bois et sa toiture en bardeaux de cèdre, ainsi que son fournil, impressionnent par l’authenticité des lieux : la chaîne des titres et la dendrochronologie indiquent une date de construction entre 1764 et 1782 !! Le propriétaire explique ses recherches archéologiques et photographiques afin de reconstituer l’histoire de cette belle maison remplie de meubles d’autrefois. À l’étage, la charpente de toiture est apparente et y trône un poêle à bois en fonte ouvragée (1870) ! Le fournil adjacent fut rebâti sur l’emplacement d’origine, avec des pierres environnantes. Doté d’un foyer, d’un four à pain, et d’un petit poêle à bois, ce bâtiment servait de cuisine d’été et de grenier, pour les familles nombreuses de l’époque.

Les membres de l’APMAQ se dirigent ensuite vers la Maison Lemelin (1690) couverte de crépi blanc appliqué sur la pierre locale, avec fenêtres peintes en rouge, ainsi que lucarnes et toiture en tôle. Les murs tapissés, le mobilier ancien, les allèges de fenêtres profondes, l’imposant poêle à bois Président, la charpente à ciseaux à l’étage, le foyer monumental … tout nous permet de remonter dans le temps ! Le propriétaire raconte, avec verve et humour, l’historique des travaux, même ceux de la bâtisse arrière reconstruite à l’identique, mais déplacée pour dégager la vue vers le fleuve !

Avec Isabelle Paradis, les participants au Congrès assemblent la structure en pièce-sur-pièce d’une maquette de maison de l’Ile.

La découverte suivante est la Maison Sanschagrin. À l’entrée d’un vaste parc-nature, devenue « Maison des Scouts », elle nous permet de garder vivante la mémoire des peintres canadiens Horatio Walker et William Brymner, qui fréquentaient le lieu. Grâce à ses activités de financement, l’organisme Les Scouts de Québec vise à sauvegarder ce bâtiment patrimonial. À l’extérieur, les visiteurs sont invités à assembler une maquette représentant la charpente d’une maison ancienne sise sur l’Île d’Orléans, sous la direction d’Isabelle Paradis, conservatrice-restauratrice, qui assure par ce moyen ludique la transmission des connaissances liées à l’architecture de nos ancêtres.

La Maison Picard dans son environnement.
Qui n’aimerait pas être plongé au cœur du 17e siècle ? C’est ce que nous avons vécu en découvrant la Maison Picard ! Murs en pierre, pignons en bardeau, toiture en tôle à la canadienne, tout est fidèle à l’aspect d’origine. Propriété des familles Lemelin depuis les années 1700, l’intérieur fut peu modifié : foyer immense au centre de la cuisine, plâtre appliqué sur les murs de pierre intérieurs, quelques cloisons retirées pour plus de commodité, de même que l’escalier de l’entrée dont on voit la trace au plafond. Quant à l’escalier de bois du rez-de-chaussée, en colimaçon, il mène à une chambre qui s’ouvre sur une autre époque ! Haute charpente apparente au grenier, planchers usés par les années, murs recouverts de papier, et maçonnerie en pierre brute du foyer !

Pour clôturer cette deuxième journée, les visiteurs se rendent à l’ancien presbytère de Saint-François, pour y déguster une crème glacée au lait de chèvre ! Voilà qui complète le tour de l’île : à coup sûr, tous sont repartis avec le sentiment d’avoir été choyés tant par le nombre que par l’intérêt de toutes ces formidables activités !


Article tiré de La Lucarne – Hiver 2024-2025 (Vol XLVI, numéro 1).

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